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"Si je ne vois pas mon enfant à cause d'elle, je pourrais la tuer"

Le tribunal judiciaire de Saint -Denis avait à juger, une fois de plus et bien entendu, une fois de trop, des violences conjugales et intra-familiales. Sur sept affaires présentées dans le cadre de la comparution immédiate, il n'y avait pas moins de quatre dossiers sur le thème des violences faites aux femmes. La réponse pénale a été à la hauteur de ce fléau sociétal.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 22 octobre 2020 à 10H53

Frédéric L., 27 ans, est un homme bien connu du tribunal. Non pas pour le nombre de ses condamnations mais pour la gravité des faits qui lui sont reprochés. En 2015, c'est lui qui avait porté 4 coups de couteau sur un homme qui, pour survivre, [avait sauté du 3ème étage d'un immeuble de la ZAC Foucherolles]urlblank:https://www.zinfos974.com/Il-saute-du-3e-etage-pour-echapper-a-des-coups-de-couteau_a81875.html . Il avait été condamné à 4 ans de prison dont 18 mois avec sursis. L'alcool avait déjà été déterminant dans son passage à l'acte. À peine sorti de prison, il s'était à nouveau distingué en commettant des violences sur sa compagne de l'époque alors qu'il avait un sursis avec mise à l'épreuve au-dessus de la tête. 

Résultat, il en reprend pour un an avec la révocation de 6 mois de sursis: Retour direct à Domenjod. Lors de cette incarcération, il fait la connaissance d'une femme sur Facebook. Ils se voient d'abord lors d'une permission, puis se mettent ensemble au mois de juin dernier, deux mois après sa sortie définitive de prison. Le 7 septembre, toujours sur fond d'alcool et de zamal, il remet ça ! Il inflige à sa compagne plus de deux heures de souffrances physiques et morales. Elle se mettra même à genoux pour le supplier d'arrêter d'autant plus - et il le sait - qu'elle est enceinte de 7 semaines au moment des faits. 

Tout y passe, coups, menaces de mort et de la brûler elle, et ses enfants. La fille de 16 ans, qui entend des cris et voit sa mère la tête en sang expliquera lors de son audition : "J'ai entendu du bruit, une dispute. Je suis allée voir et je l'ai vu tirer ma mère par les cheveux et l'étrangler de l'autre main. Elle avait la bouche ouverte et la peau bleue. J'ai crié et il l'a lâché puis il m'a menacé. Il a collé son visage sur le mien et m'a aussi tiré les cheveux. Il criait "mi brûle à zot, mi crame zot deux". La mère et ses enfants finiront par s'enfuir au bout de 2 heures de supplice. La petite se verra décerner une ITT de 4 jours et sa maman, qui travaille pour un organisme luttant contre les violences familiales, une ITT de 10 jours. Lui est interpellé le lendemain matin chez sa mère puis placé en garde à vue.  

"J'ai pas grand chose comme souvenir, je me souviens juste de l'avoir étranglé."  Telles sont ses explications devant la présidente.  La première audience avait été renvoyée pour procéder à une expertise psychiatrique. Cela s'est avéré fort judicieux. En effet, le rapport d'expert a permis au tribunal de se faire une petite idée sur la personnalité du prévenu. On y apprend par exemple, que les trois choses les plus importantes à ses yeux sont dans l'ordre : sa mère, son chien et sa moto ! Arrive juste après son enfant qui va naître. L'expert fait également état de sa dangerosité sociale liée à son impulsivité.

"Si je ne vois pas mon enfant à cause d'elle, je pourrais la tuer. Elle a monté un manège à mon encontre pour m'envoyer à la geôle", indique t-il au psychiatre qui le qualifie de "personnalité border line" assortie d'une intolérance à la frustration. "On a des faits qui durent dans le temps, deux heures de souffrances pour cette femme et sa fille. Je vous demande de le punir pour protéger la société", requiert la procureure qui demande une peine de 4 ans de prison assortie du maintien en détention. Frédéric L. est condamné, en état de récidive légale, à la peine de 4 ans de prison plus la révocation de 3 mois de sursis. 

 

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