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Selon Rue89, un juge enquête sur l'évêché dans les affaires de pédophilie

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 29 avril 2010 à 11H28

Voila que les deux affaires de pédophilie qui ont secoué la Réunion au cours des derniers mois se mettent à intéresser la presse nationale. Selon [Rue89]urlblank:http://www.rue89.com/2010/04/28/cure-pedophile-le-juge-enquete-sur-leveche-de-la-reunion-149352 , le site d'information en ligne, alors que "jusqu'ici, dans les affaires de pédophilie touchant l'Eglise, la hiérarchie ecclésiastique passait entre les gouttes, à la Réunion, un juge d'instruction s'intéresse au rôle qu'a joué (ou plutôt n'a pas joué) l'évêque local dans une affaire impliquant l'un de "ses" curés".

Après avoir retracé les faits reprochés à Michel Tual, le curé de Bras Panon, mis examen le 18 décembre 2009 pour onze agressions sexuelles présumées sur des mineurs et une tentative de viol, le journaliste Nicolas Goinard rappelle qu'une semaine avant sa mise en examen, "ce prêtre ordonné en 1967 avait donné sa démission à l'évêché. Or, il apparait qu'il avait été plusieurs fois rappelé à l'ordre par son évêque, Mgr Gilbert Aubry. Comment l'évêque a-t-il pu avertir un curé sans être au courant de faits concrets ? Voilà la question que se pose Jean-Pierre Niel, l'un des magistrats instructeurs de Saint-Denis de la Réunion, en charge du dossier. Des poursuites pourraient être engagées".

Rue89 rappelle qu'au cours de leur enquête, les gendarmes retrouvent d'autres victimes de cette même époque, dans les années 90, mais aussi des victimes actuelles, des enfants âgés de 8 à 10 ans.

Selon le journal en ligne, "le juge d'instruction cherche désormais à savoir si le supérieur hiérarchique du curé savait. Car à l'occasion de différentes déclarations, Gilbert Aubry, évêque de la Réunion a répété avoir "rappelé à l'ordre à plusieurs reprises" le prêtre de Bras-Panon. Dans une déclaration, il le reconnaît : "Personnellement, à partir de propos qui me sont parvenus en leur temps, j'ai convoqué Michel Tual et ensuite je lui ai fait une mise en garde par écrit lui interdisant, notamment, de recevoir des enfants à la cure".

Pour sa défense, l'évêque va affirmer qu'il avait agi ainsi à la suite de simples rumeurs. C'est ce que va chercher à vérifier le juge d'instruction qui, lors d'une visite à l'évêché, repart avec le dossier du père Tual sous le bras.

Le lendemain, l'évêque est entendu comme simple témoin. Une audition au cours de laquelle il nie avoir été mis au courant des agressions sexuelles et affirme que, s'il avait eu connaissance de tels faits, il les aurait signalés à la justice. Rue 89 rappelle également que Mgr Aubry avait annoncé que l'Eglise entendait se constituer partie civile, ce qui lui aurait permis d'avoir accès au dossier. "Mais à l'heure actuelle, précise Rue89, l'Eglise ne l'a toujours pas fait".

Enfin, Rue89 note que "plusieurs éléments laissent songeur quant au rôle joué par l'Eglise. En 2003, Tual est muté de Sainte-Rose à Bras-Panon. Un transfert qui renforce le soupçon selon lequel des accusations pourraient avoir été portées à la connaissance de l'évêque".

"Le juge entend également savoir ce qui a poussé Michel Tual à venir s'installer à la Réunion et à quitter sa Bretagne natale où il officiait au contact des enfants pour des activités sportives. D'autant qu'un gendarme a écrit au juge pour lui signaler des attouchements qu'il aurait subis il y a vingt-cinq ans", conclut le journal en ligne.

 

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