Salon international de l'agriculture : la vitrine réunionnaise s’affiche en grand à Paris

Installée sur près de 800 m² au Salon international de l’agriculture, la délégation réunionnaise met en avant producteurs et artisans venus défendre l’excellence locale. Chocolat rare, miels médaillés et spécialités créoles : au-delà des ventes, c’est l’image de l’île qui se joue.
À Paris, la présence réunionnaise ne passe pas inaperçue. Sur un espace de près de 800 m², agriculteurs, transformateurs et artisans valorisent leurs savoir-faire dans les allées du Salon international de l’agriculture. Un investissement conséquent – plus de 700.000 euros – assumé comme un levier de visibilité et de reconnaissance pour les filières locales.
« On est dans un espace quand même assez important (…) C’est un rendez-vous très important pour la communauté réunionnaise qui vit ici en France hexagonale », souligne René Sotaca, conseiller départemental. « Ce n’est pas tous les jours qu’on trouve à Paris des samoussas, un massalé cabri ou un bon massalé. C’est un moment pour se retrouver, retrouver la chaleur locale. »
Le cacao criollo, produit d’exception
Parmi les exposants, Richard Lauret, fondateur des Cabosses Ailées, met en avant un chocolat issu de la variété criollo, une fève blanche aujourd’hui très rare dans le monde. « On produit le chocolat depuis la fève jusqu’à la tablette », explique-t-il. Les cabosses sont cueillies chez les agriculteurs, puis fermentées, séchées, torréfiées et broyées sur l’île.
La singularité du criollo intrigue les visiteurs. « Ça va donner des tablettes qui ont l’air d’un chocolat au lait. Mais pour autant, ce n’est pas un chocolat au lait, c’est bien un chocolat noir », précise-t-il. Côté dégustation, le profil aromatique se distingue : « On retrouve un goût de pain d’épices, de fleurs de jasmin, un petit peu d’âpreté en fin de bouche. » Un positionnement assumé sur un chocolat de dégustation, destiné à une niche d’excellence.
Des miels emblématiques
Autre stand prisé, celui d’Ananda Fridmann, productrice de Miel de Bourbon. Les visiteurs découvrent des miels aux identités marquées : miel d’eucalyptus (dit « miel de letchi »), miel de fleurs de jouvence médaillé l’an dernier, miel vert issu du bois de tan rouge, ou encore miel rose, moins sucré et particulièrement surprenant pour un public hexagonal peu habitué à ces saveurs.
« Les produits les plus demandés sur ce salon, ça va être le miel de letchi (…) et le miel de fleur de jouvence qui a été médaillé l’année dernière », confie-t-elle. Après plusieurs campagnes compliquées, l’année 2025 a offert de belles récoltes.« On ne peut faire que remercier la nature », ajoute-t-elle. A noter que Miel de Bourbon est récompensé à quatre reprises dans le cadre du concours agricole, dont un or pour son miel de fleurs de Tan Rouge bio.
Lire aussi : Concours Général Agricole 2026 : 38 médailles pour La Réunion, le rhum en locomotive
Quant à la rentabilité d’un tel déplacement, la réponse est sans détour : « C’est forcément rentable dans le sens où on a une visibilité, on se fait connaître, on fait découvrir nos produits, on fait découvrir aussi les produits de la Réunion. Et déjà ça, c’est incroyable. »
Au-delà des ventes réalisées sur place, la participation réunionnaise s’inscrit dans une stratégie plus large : affirmer la singularité des productions de l’île sur la scène nationale, tout en renforçant le lien avec la diaspora. À Paris, le temps du Salon, La Réunion défend bien plus que des produits : elle revendique un savoir-faire et une identité.


