Salazie : entre cascades et sécheresse, un quartier en détresse

Paradoxal pour le cirque où les cascades dominent le paysage. Dans le quartier de Casabois, à Grand Ilet, Salazie, près de 200 personnes sont obligées de se ravitailler en eau non potable dans des citernes. Depuis plusieurs jours, l’eau ne coule plus au robinet. Un ras-le-bol pour ces familles, qui ne se sentent pas écoutées.
Les kilomètres défilent au compteur de la voiture, et il faut bien compter une heure pour rallier Casabois depuis le littoral. Pourtant, la balade en vaut le détour : niché au pied des falaises, le relief offre un spectacle magnifique.

Mais cette tranquillité n’est qu’une façade : dans le quartier, la colère gronde. Toutes les maisons sont privées d’eau. Chez l’une des habitantes qui nous a accueillis, on remarque d’emblée les grosses bouteilles d’eau entassées dans un coin de la cuisine.
« Imaginez-vous, ce matin, j’ai donné un gant à ma fille pour qu’elle puisse se laver… » Réunis en petit comité dans le salon de cette habitante, les riverains font le même constat. « On continue à payer les factures, et l’eau n’est même pas potable depuis plus de 25 ans… » nous souffle un voisin.

Du calcaire ou de l’eau non potable : faites votre choix
Cette situation, au dire des habitants, dure depuis plusieurs jours. Depuis juillet déjà, les coupures d’eau sont nombreuses. Mais actuellement, c’est la panne sèche. Et les concernés ont tout essayé : interpeller les agents de la Cise, qui gère le réseau d’eau dans l’est, mais aussi la mairie de Salazie, sans succès.

Un pack d’eau leur est donné, mais selon eux, il est « rempli de calcaire ». Une marque, importée de la métropole, aurait provoqué des démangeaisons à toute une famille. Ils n’ont pas d’autre choix que d’acheter de l’eau par leurs propres moyens. « Même pour laver le linge, un pack d’eau, ce n’est pas suffisant. »
Alors, deux citernes sont mises à disposition des riverains. Là encore, elles ne sont pas remplies tous les jours et doivent desservir près de 200 habitants. Certains renoncent donc à la douche ou à laver le linge…
Les habitants montent au créneau, une réunion d'urgence est organisée à la mairie
Jeudi après-midi, les habitants s'organisent, et souhaitent investir la piscine de Mare à Citron. La symbolique est forte : c'est le dernier projet en lien avec l'eau inauguré par la mairie de Salazie. Devant le portail de la structure, la nouvelle tombe : la maire de la commune accepte de les rencontrer.

En hâte, tous se dirigent vers la mairie de Salazie, d'ordinaire fermée aux alentours de 17 heures. Après une première rencontre avec l'élu chargé de l'eau, les échanges houleux démarrent. D'un côté, des riverains qui expriment leur colère, de l'autre, des élus sans réponse concrète.
C'est finalement la maire, aux alentours de 18 heures, qui prend place aux côtés de son premier adjoint. Dans un premier temps, elle propose d'ouvrir des parties communes à Grand Ilet pour permettre aux habitants de se doucher. Sidolène Papaya rappelle son engagement et son combat sur cette problématique, et l'exploitation accélérée de l'eau provenant de Pont de chien.
Mais les habitants de Casabois ne souhaitent qu'une chose : que le robinet coule à nouveau, dès aujourd'hui. Au terme de deux heures d'échanges, les riverains sont ressortis peu satisfaits de cette réunion.


