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Sainte-Suzanne : indemnité de départ de “148 000 euros”, Eddy Balbine s’explique

Ecrit par Philippe Madubost – le jeudi 19 février 2026 à 12H29
Le candidat a officialisé sa candidature le 17 janvier dernier.

Depuis le débat organisé hier par Réunion La Première avec les candidats aux municipales de Sainte-Suzanne, la polémique enfle autour de l’indemnité de départ perçue par Eddy Balbine, candidat et ancien directeur général des services (DGS) de la commune, estimée à 148.000 euros par ses opposants. Une somme jugée excessive par ces derniers dans un contexte financier tendu. L’intéressé conteste le montant avancé et insiste sur le cadre légal de son départ, intervenu en juin 2025.

C’est le chiffre que de nombreux spectateurs ont retenu du débat organisé hier soir par Réunion La Première, réunissant les onze candidats à Sainte-Suzanne.

Le sujet a été rapidement mis sur la table par l’adjointe sortante à la mairie et à la Cinor, également déléguée départementale de Renaissance à La Réunion et candidate à l’élection municipale, Ramata Touré.

« Vous avez négocié une rupture conventionnelle alors que vous saviez que vous alliez partir à la retraite, et le montant est assez élevé », lance l’élue en direction de l’ancien DGS et adjoint aux finances de la commune, Eddy Balbine, au coeur des attaques des autres candidats lors du débat.

Une intervention qui fait mouche et sera reprise par plusieurs participants au débat, mais aussi sur les réseaux sociaux.

Une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux

Sur internet, les réactions se multiplient.
« Ce que j’ai retenu : 148 000 € d’indemnités pour une rupture conventionnelle pour un DGS », écrit un internaute.
« M. Balbine l’a dit, la commune n’a pas de soucis, pourquoi il prend 140 000 € », commente un autre.
« 148 000, ce n’est pas un ti somme (sic) alors que Sainte-Suzanne est endettée », s’indigne un troisième.

Pour tenter d’éteindre l’incendie, le candidat a publié un message sur sa page Facebook quelques heures seulement après le débat.

« Vous venez d’assister au débat (…) Oui, il y a eu des attaques. Oui, il y a eu des amalgames. C’est la démocratie. Mais retenez une chose : alors que je n’ai jamais occupé une fonction élective, j’ai été la seule cible des représentant(e)s de l’équipe du maire déchu », écrit-il.

« Une rupture conventionnelle strictement légale »

Concernant l’indemnité de rupture conventionnelle, Eddy Balbine précise qu’elle a été réalisée « dans un cadre strictement légal et validée à la fois par le Trésor public et la direction du Travail ». Il rappelle qu’il s’agit « d’un dossier datant de juin 2025, sur lequel jusque-là personne n’avait trouvé à redire ».

Joint par téléphone ce matin, il développe : « Ma prime de départ est légale. Je n’ai volé personne. Il y avait une ligne prévue au budget du personnel. Des ruptures conventionnelles, il y en a tous les ans. D’autres agents sont partis avec plus que moi. »

Il conteste par ailleurs le montant de 148.000 euros avancé publiquement : « Le montant est erroné. On est aux alentours de 140.000 euros, tout compris. La rupture conventionnelle en elle-même représente environ 120.000 euros. Elle est calculée par rapport à mon ancienneté, selon des critères légaux. »

Il précise que cette somme inclut des congés non pris : « Il y avait aussi les congés non pris, parce que le maire m’avait demandé, vu les difficultés de la mairie et ce qui s’était passé avec l’affaire de l’ancien directeur de cabinet (Bertrand de Boisvilliers, NDLR), de ne plus prendre de congés. »

Retraite et départ de la mairie

Eddy Balbine indique être à la retraite depuis le mois de janvier :
« Je suis à la retraite de la fonction publique, mais je n’ai pas demandé ma retraite de la Sécurité sociale, puisque j’ai travaillé dans le privé. J’aurais pu continuer. »

Il affirme avoir quitté ses fonctions en raison de désaccords profonds avec le maire :
« J’ai démissionné parce que j’étais en désaccord avec le maire. Les relations étaient tendues. J’ai proposé une rupture conventionnelle, elle a été acceptée. La décision était prise depuis fin 2024. »

DGS ou candidat, il faut choisir

Pour pouvoir se présenter aux élections municipales de mars, l’ancien DGS était aussi juridiquement tenu de démissionner, d’être muté ou détaché hors de la commune avant le scrutin, sous peine d’inéligibilité au conseil municipal.

« De toute façon, cet argent, je l’aurais perçu même en allant jusqu’à la fin du mandat. C’est un droit. Si j’étais resté jusqu’à 68 ou 69 ans, avec mes enfants mineurs, la mairie m’aurait d'ailleurs payé bien plus », poursuit-il.
Eddy Balbine aura 63 ans en mars prochain.

"Il m'a donné l'ordre de sauver le CCAS"

Il juge « malhonnête » le lien fait selon lui par ses adversaires entre son indemnité et la situation financière de la commune :
« Le maire prend les décisions, le DGS exécute. Il m’a donné l’ordre de sauver le CCAS pour éviter une reprise par la Chambre régionale des comptes. »

Selon lui, les mesures prises ont consisté à reprendre du personnel sur le budget communal et à doubler la subvention du CCAS :
« Voilà d’où viennent 90 % des problèmes financiers de la mairie. »

Il estime le déficit du CCAS à environ trois millions d’euros et conclut :
« Je conteste fermement que ce soient mes décisions qui aient conduit à cette situation. »

Une polémique loin d’être close

Ces explications suffiront-elles à clore la polémique dans un contexte de campagne municipale tendue ?
Les opposants d’Eddy Balbine continuent, eux, de dénoncer le montant et le calendrier de son départ, tandis que l’intéressé maintient qu’il s’agit d’un amalgame entre décisions administratives et débat politique.

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