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Sainte-Suzanne : “Avec nous, il n’y aura pas de phase de rodage”, Daniel Alamélou présente sa liste et son programme

Ecrit par Philippe Madubost – le mercredi 25 février 2026 à 15H00
le candidat a présenté ce matin ses colistiers et les grandes lignes de son programme.

C’est non loin de la cascade Niagara que Daniel Alamélou a officiellement présenté ce mercredi sa liste ainsi que les grandes lignes de son programme pour Sainte-Suzanne. Une équipe qu’il présente comme ancrée localement et “prête à travailler tout de suite”, à la différence de certains “aventuriers” de la politique.

Daniel Alamélou a d’abord donné la parole à chacun de ses colistiers. Tous ont décliné leur parcours et les raisons de leur engagement. Une liste qui se veut représentative de la diversité de la population et des quartiers de la ville. Les colistiers sont retraités, issus des secteurs de la santé, de l’éducation, du social, de la sécurité, de l’environnement ou encore du monde associatif.

Le plus jeune de la liste, Benjamin Blainville, originaire de Bras-Pistolet, côtoie des profils plus expérimentés et connus, comme Antonio Grondin, qui a passé 17 ans dans l’opposition municipale. Ce dernier a souligné l’expérience des affaires communales de sa tête de liste. “Quand Daniel Alamélou était premier adjoint, la dette est passée de plus de 9 millions d’euros à 300 000 euros. J’ai vu le travail qui a été fait, il faut quelqu’un prêt à travailler de suite et capable de redresser la commune”, a-t-il déclaré.

Même message du côté de Christian Picard, syndicaliste, agent de maîtrise et président de la brigade nature, engagé depuis dix ans dans la lutte contre les dépôts sauvages. “Sainte-Suzanne arrive à un tournant. Il faut quelqu’un qui a le profil et la tête sur les épaules”, a-t-il affirmé.

“Pas besoin de quelqu’un venu d’ailleurs”

Anselme Vitry, enseignant et ancien élu de Sainte-Suzanne, a rappelé les compétences acquises par Daniel Alamélou dans des domaines structurants comme l’eau, les déchets ou l’électricité. “Pas besoin de quelqu’un venu d’ailleurs. Ici, on a ce qu’il faut”, a-t-il résumé.

À ses côtés, on retrouve notamment Vanessa Settama, cheffe d’entreprise et numéro deux de la liste présentée ce matin, même si l’ordre affiché n’augure pas de celui des futurs adjoints en cas de victoire.

La liste revendique un programme “sur mesure” pour Sainte-Suzanne, construit à partir des réalités du territoire. “Il faut faire un bon nettoyage et remettre la commune au propre”, a insisté un colistier, évoquant à la fois l’espace public et la gestion municipale.

"Repenser l'aménagement du territoire"

Daniel Alamélou s’est dit “fier de [son] équipe”, tout en soulignant mener “une campagne propre et respectueuse”. Il a détaillé un programme structuré autour de six axes et conçu pour “s’adapter” en fonction des urgences.

“Notre projet doit pouvoir s’adapter, notamment en cas de cyclone. On ne peut plus construire comme avant avec les risques d’inondation”, a-t-il déclaré, évoquant la nécessité de renforcer la protection hydraulique et de repenser l’aménagement du territoire.

Parmi les mesures annoncées figurent la création d’un pôle santé regroupant les spécialistes manquants à Sainte-Suzanne, des places d’accueil d’urgence pour les victimes de violences intrafamiliales, ainsi qu’un nouveau pôle pour la police municipale.

"On ne peut pas accepter que tout se fasse sur la Plaine de Gillot"

Daniel Alamélou souhaite également réhabiliter le centre-ville en sollicitant les fonds de la rénovation urbaine. “J’ai déjà pu rencontrer la présidente de l’Agence nationale de la rénovation urbaine en métropole. Il faut redonner de la vie au centre”, a-t-il indiqué.

Le front de mer fait aussi partie des priorités, avec un réaménagement en “lieu de vie”, un éclairage solaire et la création d’un pôle multiculturel à taille humaine. “On ne veut pas de grandes structures déficitaires, mais des équipements accessibles et adaptés”, a-t-il précisé.

En matière d’urbanisme, le candidat veut engager rapidement une révision du plan local d’urbanisme afin de protéger les zones agricoles, l’environnement et la biodiversité, tout en créant des logements et des zones d’activité. “On ne peut pas accepter que tout se fasse uniquement demain sur la plaine de Gillot de 70 hectares. Il faut de l’activité et de l’emploi”, a-t-il insisté. 

Il souhaite créer des zones d’activité, mais aussi une zone franche urbaine “dédiée pour répondre aux besoins de l’Est et de Saint-Denis”.

"Les factures seront payées sous 30 jours"

Sur le plan financier, Daniel Alamélou a dressé un constat critique. “On demande beaucoup aux habitants, avec une fiscalité parmi les plus fortes de l’île, mais on ne va pas chercher suffisamment de financements ailleurs”, a-t-il estimé.

Avec un budget communal de 46 millions d’euros, il affirme que de nombreux projets peuvent être financés jusqu’à 80 %, à condition de renforcer l’ingénierie financière et de revoir les flux avec les autres collectivités. Il s’engage également à mettre fin aux emprunts toxiques et à renégocier les contrats bancaires.

“Nous respecterons le paiement des factures sous 30 jours. On ne fait pas de commande publique s’il n’y a pas l’argent”, a-t-il assuré, évoquant la volonté de mettre fin aux intérêts moratoires.

Collège privé, nouvel échangeur, retenues collinaires…

Le programme prévoit également la création d’un conseil municipal des jeunes, doté d’un budget dédié, et d’un conseil des sages. Daniel Alamélou annonce par ailleurs la création d’un centre funéraire, le développement d’équipements de loisirs dans les Hauts, sur le modèle du Colorado à Saint-Denis, “pour accueillir les familles et les touristes”, ainsi que la création d’un village artisanal à Commune-Bègue, de jardins d’enfants et de crèches.

Face à la saturation des collèges, une réflexion sur la création d’un collège privé à Sainte-Suzanne est engagée. Le projet comprend également la création d’un nouvel échangeur à l’entrée de la ville, d’un rond-point à la Marine, la révision du cahier des charges de la restauration scolaire pour favoriser les produits locaux, la création de retenues d’eau à mi-pente, la mise en place d’une enveloppe dédiée à l’accueil de stagiaires avec tutorat au sein de l’administration communale, la réactivation d’un service d’astreinte communal en cas de catastrophe naturelle, ainsi que l’organisation de rencontres mensuelles dans les quartiers.

“Notre différence ? La connaissance de Sainte-Suzanne”

Interrogé sur ce qui le distingue des autres candidats : “Nous, on connaît Sainte-Suzanne, ses difficultés et ses projets en cours. Certains auront besoin d’un rodage. Nous, non”, a-t-il affirmé.

Selon lui, cette connaissance du territoire permettra d’agir rapidement. “Nous sommes prêts à prendre le taureau par les cornes”, a-t-il conclu, indiquant que sa première action, en cas d’élection, serait d’engager des discussions avec la préfecture et les services financiers afin de clarifier la situation financière communale, évoquant des “zones d’ombre”.

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