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Sainte-Rose : à 100 ans, Marie Lucile entre en politique

Ecrit par P.M. – le lundi 29 septembre 2025 à 10H51

Elle vient de fêter son centième anniversaire et ne cesse encore de surprendre. Ce dimanche, à l’occasion de son anniversaire, Michel Vergoz a annoncé que Marie Lucile Salai, née Jacorau, figure de Sainte-Rose, sera candidate sur sa liste aux prochaines municipales. Une première pour la commune et probablement à La Réunion.

Elle est la deuxième centenaire de Sainte-Rose, mais la première à se lancer dans la politique !

Avec un sourire ravageur, Marie Lucile, nouvelle centenaire, dégage toujours une énergie qui force l’admiration. Ses proches confirment que la décision n’a rien d’anecdotique. « Depuis deux ans, on en discute. Elle s’implique toujours dans la ville, elle est présente à chaque événement. La politique l’a toujours intéressée, dès les années 80 elle était proche de Vergoz. Elle a toujours voté pour lui », explique l’un de ses petits-fils.

Une complicité ancienne

Michel Vergoz se souvient de leurs échanges au fil des années et de la raison qui l’a poussé à lui proposer d’être sur sa liste, il y a environ deux ans.

« Tous les jours, elle passait devant ma pharmacie, nous étions voisins. Elle avait un dynamisme incroyable. Je lui disais : vous n’avez pas votre âge, madame. Elle me répondait : si, Monsieur le maire, j’ai 85 ans. Toujours souriante, elle n’arrêtait pas de me complimenter pour les travaux en ville. À un moment donné, je lui ai proposé de venir sur ma future liste ».

Un vœu renouvelé ce dimanche dans le cadre du rassemblement organisé en l’honneur de la gramoune, à la Ravine-Glissante : « Acceptez-vous mon invitation sur la liste que je rêve de conduire avec vous ? », lui lance le maire.

Plus tard, quand il lui demande si elle n’a pas peur de venir avec lui : « Akoz ? Moin la pas peur de ou ! », lui répond du tac au tac malicieusement la Sainte-Rosienne.

Éclat de rire général. « C’est un honneur pour nous de l’accueillir, pour La Réunion », lui rétorque le maire.

Une reconnaissance éternelle

Pour le maire, la présence de Marie Lucile dépasse le simple geste politique. « C’est un honneur pour nous de l’accueillir. Les symboles sont très importants, ce sont des fanaux, des repères pour les gens. Elle est un repère pour la société de Sainte-Rose et au-delà pour la société réunionnaise », affirme-t-il.

Il rappelle aussi son parcours : « Elle s’est donnée à sa famille, mais aussi aux autres, au cimetière, à l’église, avec son action de télégramme qu’elle portait chez les gens. C’est aussi une façon de lui rendre hommage, une reconnaissance éternelle. Quand vous êtes sur une liste, que vous le vouliez ou non, ce sera inscrit à jamais dans l’histoire politique de Sainte-Rose ».

Marie Lucile avec sur ses genoux l'un de ses deux arrière-arrière-petits-enfants, âgé... d'un an.

Une « troisième jeunesse »

Derrière cette candidature se cache aussi un message adressé aux aînés : il n’est jamais trop tard pour s’investir. L’incarnation même de la troisième jeunesse. Car Marie Lucile n’a rien perdu de son dynamisme. Tous les mois, elle danse au Bal’bonheur, continue de faire ses courses et peut encore marcher seule.

« On la croise dans la rue, sinon comment fera-t-elle ma campagne », plaisante encore le maire.

Mémoire vivante de Sainte-Rose

Née le 28 septembre 1925, la Sainte-Rosienne se souvient sans hésiter du maire de l’époque, Aristide Beurard. Elle a traversé un siècle d’histoire, donné naissance à onze enfants et compte aujourd’hui 24 petits-enfants, 22 arrière-petits-enfants et deux arrière-arrière-petits-enfants.

Son secret de longévité ? Une alimentation simple, faite de légumes et de poissons, ceux que son père pêchait en canot. « Avant, c’était la misère. Pas de voitures, mais des charrettes et des bus. On allait chercher du bois en forêt, de l’eau à la source », se remémore-t-elle.

« Elle fait partie du patrimoine affectif »

Toujours active, elle a travaillé toute sa vie : à la cantine, à l’école, à l’église, au cimetière. Elle a aussi longtemps distribué les télégrammes, parcourant parfois des kilomètres, jusqu’à la rivière de l’Est, pour les remettre aux familles.

« Elle fait partie du patrimoine affectif de la ville », souligne Michel Vergoz. Avant de conclure : « Un siècle de vie, elle a connu La Réunion du temps de la colonie. Elle a beaucoup de souvenirs à transmettre ».

Et elle le prouve encore une fois en entrant dans l’histoire politique de sa commune.

À l’occasion de son anniversaire, la mairie a réalisé une vidéo dans laquelle elle raconte ses souvenirs, à retrouver sur la page Facebook de la ville.


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