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Saint-Pierre : malheureusement pour elle, l’amour était trop “dou”

Ecrit par Gaetan Dumuids – le dimanche 30 août 2026 à 11H39

Une mère de famille a été condamnée jeudi par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour usage et détention de stupéfiants. Elle affirme avoir gardé du dou chez elle sous l’emprise d’une relation amoureuse qu’elle décrit comme toxique.

Géraldine N. comparaissait ce jeudi 27 août devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Elle était poursuivie pour usage illicite et détention non autorisée de stupéfiants, en 2025 à Saint-Pierre.

L’affaire démarre par une dénonciation anonyme. Des habitants d’une résidence du Tampon signalent aux autorités l’existence présumée d’un trafic de drogue dans leur immeuble. Les gendarmes enquêtent, puis interpellent celui qui est présenté comme le chef du réseau.

Géraldine est rapidement identifiée comme sa compagne. Les enquêteurs la soupçonnent alors d’avoir conservé des stupéfiants pour lui, et parfois d’avoir gardé l’argent issu de la revente. Les produits évoqués dans le dossier sont notamment du dou et du cannabis.

“J’avais pas le choix, j’étais amoureuse”

Lors de la perquisition à son domicile, les gendarmes retrouvent entre 30 et 40 grammes de dou. La prévenue reconnaît avoir servi de “nourrice”, en conservant la drogue chez elle. Elle admet aussi une consommation occasionnelle de dou et de cannabis.

À la barre, Géraldine explique avoir agi sous l’influence de son compagnon. “J’avais pas le choix, j’étais amoureuse et c’était une relation toxique”, déclare la prévenue. Selon elle, Julien menaçait de la quitter si elle refusait de faire ce qu’il lui demandait.

Elle affirme également que c’est lui qui lui a fait consommer du dou pour la première fois. Sur cette drogue, ses mots sont directs : “Le dou, pardon pour mon langage, c’est de la merde. On se sent puissant, mais on fait rien.”

La prévenue assure avoir cessé sa consommation pour ses enfants. Une affirmation accueillie avec prudence par le tribunal, les magistrats rappelant le caractère très addictif du produit et la difficulté, pour les consommateurs, de s’en sortir seuls sans accompagnement.

Des stupéfiants dans un foyer avec enfants

Le tribunal s’est aussi attardé sur la présence de ces produits au domicile d’une mère de trois enfants, dont certains en bas âge. Les magistrats ont rappelé la gravité de la situation et les risques liés à la conservation de stupéfiants dans un logement familial. Ils lui ont également fait comprendre que de tels faits pouvaient avoir des conséquences sur l’autorité parentale.

La procureure a replacé le dossier dans son contexte général. “La situation de Madame s’inscrit dans une affaire bien plus large, celle d’un trafic de drogue à grande échelle. Il faut se rendre compte de l’importance du trafic”, a-t-elle souligné.

Le ministère public a requis 12 mois de prison, dont 6 mois avec sursis simple. La procureure a également demandé la confiscation d’un téléphone, considéré comme un instrument de l’infraction, même si la prévenue n’en aurait été que la propriétaire de façade.

“Elle n’a fait que tomber amoureuse”

Pour la défense, Me Alain Lebras a insisté sur la vulnérabilité de sa cliente et sur la relation d’emprise qu’elle aurait vécue. “Cette jeune femme n’a fait que tomber amoureuse, elle était en état de faiblesse, elle était vulnérable, ça peut arriver”, a plaidé l’avocat.

Selon lui, Géraldine ne se serait pas retrouvée devant le tribunal si elle n’avait pas rencontré cet homme. La défense a donc tenté de distinguer son rôle de celui du chef présumé du réseau.

Le tribunal l’a finalement reconnue coupable. Géraldine a été condamnée à huit mois de prison avec sursis. Elle devra également effectuer un stage de sensibilisation aux stupéfiants. À défaut de le réaliser dans le délai imparti, elle devra payer une amende de 500 euros.

Etiquettes : Dou | Le Tampon | Trafic de drogue

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