Revenir à la rubrique : Société

Saint-Pierre lance la construction d’un nouveau cimetière à la Ligne Paradis

Ecrit par G.D. – le vendredi 29 août 2025 à 18H49

Confrontée à la saturation de ses quatre cimetières, la Ville de Saint-Pierre a lancé la construction d’un nouveau cimetière dans le quartier de la Ligne Paradis. Pensé comme un parc paysager, l’équipement doit accueillir 10 000 emplacements et offrir un cadre moderne et apaisant aux familles endeuillées.

Avec près de 90 000 habitants, Saint-Pierre est la troisième ville de La Réunion et doit faire face, comme d’autres communes de l’île, à une demande croissante en matière de sépultures. Ses quatre cimetières actuels – au centre-ville, à la Ravine des Cabris, à Grands-Bois et à Mont-Vert les Hauts – sont arrivés à saturation. Malgré les extensions déjà réalisées, leur capacité reste limitée.

Lire aussi : Saint-Pierre revitalise ses mairies annexes : Grands-Bois donne le coup d’envoi

Aujourd’hui, le service de l’état civil recense environ 1 300 demandes en attente, déposées par des familles de Saint-Pierre, mais aussi d’autres communes, voire de métropole ou de l’étranger. La Ville compte environ 14 800 tombes et caveaux, un chiffre qui ne suffit plus à répondre aux besoins. Pour anticiper cette évolution, la municipalité a acté la création d’un cinquième cimetière, sur un terrain communal situé à la Ligne Paradis, en prolongement du centre funéraire du Sud.

Un projet de grande ampleur

Le nouveau cimetière s’étendra sur 47 600 m², soit 4,6 hectares, pour une capacité de plus de 5 000 concessions et près de 10 000 inhumations. Le projet, dont le coût est estimé à 12,5 millions d’euros, sera financé à 84 % par la commune et à 16 % par le Département de La Réunion. Les travaux, lancés en février 2025, doivent durer trois ans.

L’équipement comprendra plusieurs espaces distincts :

  • un espace d’inhumation “classique” avec tombes en pleine terre et caveaux,
  • un site cinéraire doté de 288 cavurnes, d’un columbarium et d’un jardin du souvenir,
  • un ossuaire, des circulations et des aires paysagées,
  • une zone technique comprenant 50 emplacements pour l’entretien et le stockage,
  • des annexes réparties sur 1 695 m² : un parvis couvert pour les cérémonies, des locaux techniques, une zone d’attente et un espace commercial destiné à un fleuriste.

Un parking d’environ 80 places sera mutualisé avec le funérarium mitoyen. Un cheminement piéton reliera directement le centre funéraire aux jardins du souvenir et aux espaces d’inhumation, avec un aménagement accessible aux personnes à mobilité réduite.

Un cimetière conçu comme un lieu de vie apaisé

Au-delà de la réponse technique à un besoin urgent, la municipalité veut faire de ce cimetière un espace d’apaisement, “plus végétal que minéral”. Dans la présentation du projet, la Ville insiste sur sa volonté de créer un grand parc paysager, propice au recueillement et au respect de la diversité des rites funéraires.

“Accueillir dans de bonnes conditions les familles qui sont dans l’épreuve est essentiel. La perte d’un être cher doit faire l’objet d’un soutien par un accueil de qualité, dans des infrastructures modernes”, souligne la municipalité, qui revendique un service public funéraire neutre, laïc et républicain.

Le choix d’un aménagement verdoyant vise à renforcer la dimension symbolique et émotionnelle du lieu, afin que chaque famille puisse traverser l’épreuve du deuil dans un cadre apaisé.

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :