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Saint-Pierre : il fixe le prix de ses oignons… avec les consommateurs

Ecrit par P.M. – le vendredi 12 décembre 2025 à 12H14
Capture d'écran, vidéo D.R.

C’est une initiative inhabituelle, et peut-être une première. Ce samedi, à Saint-Pierre, l’agriculteur Mickael Moutama vendra directement sur son exploitation des oignons bio péi au prix de 3 euros le kilo. Un tarif décidé avec les consommateurs eux-mêmes, à l’issue d’un sondage réalisé sur les réseaux sociaux.

Pour le jeune agriculteur, principalement producteur de bananes, l’objectif est clair : retisser un lien direct entre producteurs et consommateurs dans un contexte où une partie de l’opinion exprime une défiance grandissante sur les prix des fruits et légumes. 

Très actif sur les réseaux sociaux, Mickael Moutama intervient régulièrement – souvent avec humour – pour raconter la vie de son exploitation, expliquer la formation des prix, les impacts concrets des catastrophes sur son exploitation, ou encore les difficultés quotidiennes du métier : dépôts sauvages sur ses terres, vol de bananes il y a quelques semaines…

Un sondage inédit pour fixer le prix

C’est sur sa page Facebook que l’agriculteur a proposé, il y a quelques jours, un sondage original et innovant, ouvert à ses clients et au grand public. Objectif : déterminer ensemble le prix des oignons bio péi arrivant à maturité, avec un léger retard sur la saison.

Succès immédiat : environ 150 personnes ont répondu, et une majorité s’est prononcée pour un tarif de 3 €/kg. C’est donc le prix retenu pour la vente de ce samedi, à partir de 10 heures.

A l’origine, le projet était d’aller encore un cran plus loin en proposant aux consommateurs de venir récolter eux-mêmes les produits, ce qui permettrait de faire encore baisser les prix en contrepartie d’une charge de travail amoindrie pour le producteur.

Ce samedi, les oignons seront déjà récoltés, une question d’organisation et de temps, notamment pour faciliter le stationnement des véhicules. L’agriculteur envisage toutefois d’expérimenter l’idée lors d’une prochaine récolte, selon les disponibilités.

A la base, l'idée était de proposer aux consommateurs de récolter eux-mêmes les oignons, ce sera pour une prochaine fois faute de temps d'organisation, mais le prix a été conservé.

Une opération gagnant-gagnant

L’opération permet aussi de fixer un prix juste des deux côtés de la barre. Avec ce lot d’oignons récolté tardivement, le prix proposé par les grossistes aurait été inférieur au niveau habituel, autour de 2 euros, pour un produit qui sera revendu quasi le double dans les grandes surfaces. À 3 €/kg, Mickael Moutama couvre son coût de revient, dégage une petite marge et rémunère ses salariés déclarés, tout en assurant les charges et le réinvestissement pour les productions futures.

Le client repart avec des produits extra-frais et bio pour un prix défiant toute concurrence. 

L’agriculteur en profite pour rappeler la réalité économique du métier. Il cite notamment l’exemple de la tomate : "Je vendais 1,8 euro en moyenne sur l’année, mais avec un coût de production de 1,5 euro, ça ne vaut pas le coup", explique-t-il.

Vers des ventes directes régulières

Installé sur 10 hectares, où il produit également fruits de la passion et pommes de terre, Mickael Moutama écoule l’essentiel de ses récoltes via une coopérative et l’autre partie en vente directe via un stand aménagé sur son exploitation. Ce qui lui permet d’écouler au meilleur prix les produits que la coopérative ne prend pas pour une question de forme et de calibre. 

Selon le succès de ce samedi et les retours des clients, l’agriculteur souhaite renouveler l’opération au fil des récoltes, quand les volumes le permettent. Une nouvelle étape pour celui qui multiplie les initiatives visant à rapprocher producteurs et consommateurs.

Le rendez-vous est fixé ce samedi sur son exploitation à partir de 10h, au 120 chemin recherchant, à la Ravine-des-Cabris. 

Etiquettes : Agriculture

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