Saint-Leu : La future Maison de la mer perçue comme une verrue par certains

Le projet de deuxième port échoue, celui du bâtiment survit
À l’origine, le futur bâtiment devait se faire en même temps que la création d'un nouveau bassin comportant environ 130 anneaux supplémentaires. C’était en 2015-2016, s’en souvient-il. Puis le projet, malgré une enquête publique attestant de son avancement, n’a jamais abouti sur sa partie extension portuaire. La faute à un refus des services de l’Etat selon lui car "nous sommes quand même dans une partie lagon", souligne l’habitué du coin. Au final, seule la partie construction d’un bâtiment face au port de plaisance a survécu au tumulte administratif.
C’est lors d’un fameux conseil portuaire que Jean-Marie Huguet, représentant les intérêts des pêcheurs au sein de l'ANSL, a appris que la construction du bâtiment n’était pas abandonnée. Il raconte son étonnement lorsqu'il comprend que le bâtiment se fera sans le deuxième port.
"On continue d’aller au conseil portuaire, à traiter des sujets futiles du style 'la couleur du ponton',… et à un certain moment on se dit : 'mais on fait quoi concernant le bâtiment ?' Et le TCO nous dit : 'Vous ne pouvez rien faire, le bâtiment va se faire'. On leur dit 'non, ça fait 2-3 ans qu’on se bat pour vous dire que ce bâtiment-là n’est pas bon, on peut avoir d’autres projets, beaucoup moins chers, beaucoup plus agréables pour le site, pour l’économie et l’environnement'", tente-t-il alors de convaincre, mais l’intercommunalité est décidée à mener à terme son projet de Maison de la mer.
Des badamiers en pleine forme
Certains amodiataires n’en démordent pas. Ce projet est "disproportionné par rapport au bassin existant". Les études et la construction du bâti sont estimées à 5 millions d’euros. Sa vocation laisse perplexe. "La Maison de la mer pour nous c’est un bâtiment commercial. Dedans, il y aura une poissonnerie, des bureaux, quelques box peut-être…", lui tourne-t-il déjà le dos. Son emprise au sol fera perdre son charme à la promenade le long du littoral, il coupera la vue en direction de l'océan et il sacrifiera des filaos et quatre badamiers, liste-t-il les autres points négatifs.
"Ces badamiers sont en pleine forme. Ils ont été plantés il y a une trentaine d’années. Quand ils vont faire l’aménagement du site, toute cette zone deviendra un parking ", montre-t-il du doigt cette fois l’emplacement constitué de plusieurs filaos à côté d’un snack.
"Ce qui nous chagrine c’est d’avoir cette grosse verrue sur Saint-Leu" , espère-t-il être le grain de sable dans les rouages de ce projet du Territoire de la Côte Ouest. "Qu’ils fassent une enquête publique. Si l’enquête publique nous donne raison, on arrête nous, mais faites cette enquête !", invite-t-il la communauté de communes à passer par cette étape. En attendant un éventuel changement de cap du TCO, une pétition a été lancée sur internet, en plus de celle qui a circulé après une réunion d’environ 70 amodiataires.
Les anciens box de pêcheurs ont été démolis il y a quelques semaines. Le sort des filaos en est jeté également. Ils ont été marqués d’un ruban préalable à l’arrivée des tronçonneuses.
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