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Saint-Leu : contre mauvaise fortune, la justice peut faire preuve de bon cœur

Le tribunal correctionnel de Saint-Pierre jugeait une sexagénaire qui a construit une petite case en bois sous tôle sur une zone protégée. Face à la situation de précarité de la prévenue, la justice n'a pas ordonné la destruction de la maison.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le vendredi 25 octobre 2024 à 19H08

La justice n'est pas uniquement là pour punir. Après avoir vu le terrain familial préempté sans compensation pour les besoins de la route des Tamarins, Marie s'est rapidement trouvée en difficulté pour se loger. Elle est parvenue à construire une petite case en bois sous tôle sur un terrain où elle est autonome au niveau de l'électricité par un groupe électrogène et n'a pas d'eau courante.

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Le problème, c'est que le terrain est soumis à une forte protection en raison de son emplacement dans le Parc national. De plus, bien qu'ayant essayé de faire une construction de moins de 20 m² pour éviter d'avoir à demander un permis, les mauvais calculs ont amené la maison à dépasser la limite de 3 m². L'agent de la DEAL va évoquer le statut protégé de cette zone et demande la remise en état du site.

Cependant, la procureure a pris en compte la situation de précarité de Marie, qui ne touche qu'une retraite de 500 euros, et qui aura des difficultés à se reloger. Elle ne demande qu'une amende de 1.000 euros avec sursis, mais ne sollicite pas de destruction "au vu de la situation de madame qui s'est logée pour ne pas être à la rue".

Me Farid Isse va "rendre hommage à ces réquisitions investies d'un caractère d'humanité" et souligne les difficultés pour obtenir un logement social sur l'île. De plus, il rappelle que des constructions de ce type existent partout, mais que certaines sont sous la bienveillance des autorités et qu'il suffit de se rendre à l'entrée du Tampon pour le constater.

Le juge va la condamner à une peine de 500 euros d'amende avec sursis, lui adresser qu'il était "disproportionné d'ordonner la destruction du logement et de [la] remettre à la rue."

Etiquettes : Justice

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