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Deux tiers des ménages réunionnais devraient avoir accès à un logement social, mais…

Face à une demande croissante et un déficit en logements sociaux, La Réunion connaît une tension immobilière significative. Appelées à redoubler d'efforts, les communes qui ne respectent pas les quotas se voient infliger des pénalités.
Ecrit par S.F – le mardi 22 octobre 2024 à 06H06

Au 1er janvier 2023, la DEAL rapporte que La Réunion compte près de 85.000 logements sociaux, représentant près d’un quart des résidences principales.

Aujourd’hui, ce sont deux tiers des ménages réunionnais qui pourraient prétendre à un logement social. Plus de 47.000 ménages réunionnais sont inscrits dans le Système National d’Enregistrement*. Les deux tiers de ces demandes sont nouvelles.

La liste d’attente, déjà longue, s’allonge encore d'année en année, avec une augmentation de plus de 50 % des demandes en 5 ans, tandis que la construction de logements peine à répondre aux besoins croissants.

Face à cette situation qui traduit une tension réelle sur le logement à La Réunion, notamment sur le logement social, des efforts sont attendus de la part des collectivités, en particulier des communes.

Un peu moins d’un million d’euros d'amendes, mais…

La loi impose un quota de logements sociaux aux communes. À La Réunion, cinq communes en sont exemptées, à savoir Salazie, Cilaos, Trois-Bassins, Sainte-Rose et Saint-Philippe. Sur le reste du territoire, seules huit communes respectent ce taux réglementaire, avec au moins 20 % à 25 % des résidences principales étant des logements sociaux.

Les bons élèves sont les villes qui s'étendent du Nord à l’Est, à savoir Le Port, La Possession, Saint-Denis, Sainte-Marie, Sainte-Suzanne, Saint-André, Bras-Panon et Saint-Benoît. Le Port, de par son contexte historique, affiche le plus haut taux de logements sociaux, avec 59,35 %, tandis que la Petite-Île, bien en deçà du taux réglementaire, est à seulement 5,75 % de logements sociaux.

Les communes présentant un déficit en la matière se voient infliger des pénalités. En 2024, un total de 944.870,55 euros d'amendes a été adressé à sept communes réunionnaises, le Tampon n'étant pas sur la liste l'année précédente.

COMMUNE Montant du prélèvement en euros
Saint-Leu 322 679,70
Saint-Pierre 39 774,74
Les Avirons 97 192,29
Saint-Louis 220 606,10
L’Entre-Deux 41 978,75
Plaine des Palmistes 14 434,22
Le Tampon 208 204,75

 

Ces sommes ne vont pas intégralement dans les caisses de l’État. La loi permet aux communes de déduire de ces pénalités certaines dépenses prouvant qu’elles œuvrent pour développer le logement social.

Subventions foncières, travaux de viabilisation, de dépollution ou de fouilles archéologiques, travaux de démolition et de désamiantage, ainsi que les dépenses d’accompagnement social et de gestion locative figurent parmi les dépenses déductibles.

180 millions d’euros d’aides de l’État

Parallèlement, les dotations budgétaires allouées à la construction et à l’amélioration du logement par les services de la DEAL sont en constante augmentation. « Il y a toujours un rythme de financement et de construction de logements. Ce rythme a pu diminuer en raison des difficultés du secteur de la construction de logements sociaux, notamment dues à la hausse des coûts des matériaux de construction, qui peuvent retarder les mises en chantier », précise Mme Besnard, responsable du service habitat et logements sociaux de la DEAL.

En 2023, l’État a financé le logement social à hauteur d'un peu plus de 75 millions d'euros en termes de crédits budgétaires, auxquels s'ajoutent environ 110 millions d'euros d'aides fiscales, pour un total d'environ 180 millions d'euros, sans oublier les aides à la personne à travers l'aide au logement délivrée par la CAF.

*chiffres de juin 2024

 

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