Revenir à la rubrique : Société

Saint-Joseph : une AOT délivrée par la Région au cœur d'un litige entre des particuliers et un futur centre médical

Pour construire le parking de leur futur centre médical, une société a obtenu de la Région une autorisation occupation temporaire (AOT). Les travaux ont nécessité la destruction du mur merlon pour le plus grand désespoir des riverains désormais exposés aux nuisances de la contournante de Saint-Joseph.
Ecrit par P.B. – le samedi 23 novembre 2024 à 09H31

Stéphanie Francomme a vu les bulldozers arriver du jour au lendemain pour détruire la butte de terre qui les protégeait, elle et ses parents, des nuisances de la route. Le mur en moellons était installé sur une parcelle appartenant à la Région. Cette protection phonique et visuelle avait été édifiée lors de la construction de la contournante de Saint-Joseph.

Végétalisée, la butte offrait à Stéphanie et à ses parents la tranquillité tant espérée après les longs travaux de la contournante. Pour accéder à sa propriété, la Saint-Josephoise dispose d'un droit de passage, mais aussi d'une autorisation temporaire d'occupation qu'elle avait demandé à agrandir plus d'un an et demi avant l'arrivée du projet du centre médical. Un projet qui accueillera une pharmacie, mais aussi des consultations d'urgence.


"Mon câble internet a été arraché deux fois"

Bruits, circulation, poussière... En septembre dernier, les travaux pour le parking du centre médical ont débuté sans information préalable alors que des négociations étaient en cours sur l'agrandissement de l'AOT, dénonce Stéphanie.

C'est au détour de discussions avec le terrassier en charge des travaux qu'elle apprend que le porteur de projet a bénéficié lui aussi d'une AOT avec redevance. Les parcelles nécessaires à la construction du parking ont été louées car “indispensables” pour le projet, a motivé sa décision la Région. L'AOT des porteurs de projet maintient la servitude de passage pour Stéphanie et oblige notamment à mettre les moyens pour limiter les nuisances causées par la suppression du mur en moellons. “Tous nos réseaux devaient également être déplacés avec la construction de ce parking”, précise également Stéphanie.  "Depuis le début des travaux, mon câble internet a été arraché deux fois avec une semaine d’attente avant réparation". 

Mails, coups de téléphone, demande de rendez-vous... "J'ai tout essayé pour obtenir des réponses de la Région. Comment les travaux ont-ils pu commencer sans que nous en soyons informés” s'indigne Stéphanie du manque de communication de la collectivité régionale. “Ce qui interroge le plus, c'est la différence de traitement. Nous, nous sommes dans l'attente d'une réponse de la Région depuis des mois pour l'agrandissement de notre AOT. Les porteurs de projets ont-ils bénéficié d’un traitement priorisé ou privilégié, en tout cas à nos dépens ?”, s'interroge-t-elle.

Stéphanie a écrit au Procureur de La République en espérant éclaircir la situation. Une situation qui pèse sur la santé de cette mère de famille, malade, avec un handicap reconnu par la MDPH.

Attentive à la construction du nouveau mur

Un premier rendez-vous avait pourtant eu lieu au service urbanisme de la ville entre les différentes parties. Les négociations entre les particuliers et les porteurs de projets sous l'égide de La Région n'ont pas été poursuivies, déplore-t-elle.

Les relations entre les deux parties se sont tendues. “C'était le pot de terre contre le pot de fer”, résume Stéphanie.

Lasse de batailler et surtout affaiblie par son état de santé, Stéphanie s'est résignée. Un accord a finalement été trouvé avec le porteur de projet. La servitude de passage a été déplacée.  “Reste que nous n'avons toujours pas de calendrier sur la construction du nouveau mur”, se désole Stéphanie qui veillera à ce que la surface de son AOT et surtout la protection phonique et visuel du nouveau mur soient respectées.

En attendant, la Saint-Josephoise ne désespère pas d'avoir un retour de la Région concernant sa demande d'agrandissement d'AOT. “ Dans cette histoire, nous avons l'impression d'être déconsidérés alors que des réunions avaient été prévues pour justement éviter ce genre de situation". 

Contactée, la Région n'a également pas répondu à nos sollicitations.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :