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Saint-Joseph : Deux mois après, il est à nouveau condamné pour violences conjugales

Déjà condamné en septembre dernier, un père de famille a de nouveau été jugé hier pour des faits de violences conjugales sur sa conjointe en présence des enfants. Avec la révocation partielle de son sursis, il part pour les 15 prochains mois en prison.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le jeudi 16 novembre 2023 à 16H36

Dimanche dernier, il est environ 5h du matin lorsque les gendarmes de Saint-Joseph voient arriver à la caserne une femme en pleurs avec ses enfants. Celle-ci est tellement déboussolée que les militaires vont notifier dans leur rapport qu'elle a mis près de 10 minutes avant de pouvoir s'arrêter de pleurer.

Jessica* va alors raconter que son conjoint, Nicolas*, l'a de nouveau frappée. Elle explique qu'il était rentré alcoolisé en fin de journée et a débuté les violences par des claques, un jet de bouteille d'eau et la menace de la tuer à coup de barre de musculation en lui hurlant d'avoir "raison d'avoir peur".

Elle a dû prendre sa fille de deux ans dans les bras pour qu'il arrête les coups. Dans sa chambre, l'aîné de neuf ans est terrorisé. Le garçon essaye d'enregistrer la scène avec son téléphone, mais son père va le surprendre et l'enfant va trouver une excuse. Finalement, Nicolas va se coucher, mais se réveille vers 4 h du matin avant de recommencer après avoir lu des messages entre Jessica et ses parents.

"Trop de rancune contre elle et ses parents"

Face aux juges, Nicolas a du mal à s'expliquer. Il parvient tout juste à avouer qu'il a "trop de rancune contre elle et ses parents". Il affirme avoir peu de souvenirs à cause de l'alcool et ne sait pas ce qui a motivé cet excès de rage. Des faits qu'il a déjà commis contre elle en 2015 et en mai dernier, lui valant alors une condamnation, 12 mois de prison avec sursis et dont la période probatoire n'avait même pas encore débuté.

Présente à l'audience, Jessica va faire comme de nombreuses femmes victimes de violences et avoir besoin de se justifier de s'être remise avec lui, notamment pour "ne pas être un frein entre lui et ses enfants. Mais je ne veux plus voir cette terreur dans les yeux de mes enfants. Je veux la paix." Les magistrats vont lui rappeler qu'elle est la victime et non la prévenue.

Elle va par contre expliquer ce qui a probablement déclenché le déchaînement de violence. Ce matin-là, après de nouvelles menaces de Nicolas de la quitter, Jessica lui avait dit qu'elle commençait "à se demander si elle avait pris la bonne décision et qu'il pouvait partir s'il voulait. Il a sûrement vu que j'envisageais vraiment la séparation." Nicolas va concéder que "c'est un peu flou, mais c'est possible que ça soit ça."

"Le sursis probatoire n'avait même pas encore commencé. On l'a averti plusieurs fois. Le cadre du milieu ouvert ne me paraît plus suffisant. Je sens trop de fragilité. Il faut marquer un coup d'arrêt, donc oui à la détention", argue la procureure qui requiert neuf mois de prison ferme et la révocation de six mois de sursis. Des réquisitions que vont suivre les juges, auxquelles s'ajoutent 500 euros de dédommagements pour chaque enfant et une interdiction de contact avec Jessica pendant deux ans.

*Prénoms d'emprunt

Etiquettes : Saint-Joseph

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