Saint-Gilles : Enervé parce qu’il ne trouve pas son hôtel, il s’en prend à sa femme enceinte

David vit donc dans une voiture qu’on lui a prêtée, une BMW. Le jeune homme espère par cette invitation à l’hôtel probablement se réconcilier. Parce qu’il n’a plus de permis, c’est elle qui conduit. Malgré les indications du GPS, le couple ne trouve pas la bonne route. La situation énerve David qui perd totalement son sang-froid. Fatiguée par ses 8 mois de grossesse, sa compagne lui donne le volant.
David va alors adopter une conduite dangereuse : il zigzague, freine brusquement, dépasse et franchit la ligne blanche pour se rabattre à la dernière minute. Il est persuadé que la mère de ses enfants fait exprès de ne pas trouver la route et s’en prend à elle. "Depuis tout à l’heure tu ne sais pas ce qu’il y a sous ton siège", vocifère David qui attrape un pistolet, le montre à sa compagne et le remet sous le siège. La victime assurera néanmoins que David n’a pas pointé l’arme sur elle. En revanche, il la menace de la tuer, elle et le bébé. Dans son énervement, il jette également le téléphone portable de la jeune femme par la fenêtre.
Elle décide de s’enfuir alors qu’il est à l’arrêt. La future mère se réfugie dans une boulangerie à Saint-Gilles. La voyant terrifiée et en pleurs, l’employée alerte les gendarmes. David sort de la voiture, hurle et finit par repartir en trombe. Il est retrouvé quelques jours plus tard à Saint-Pierre. Deux armes et des cartouches sont découvertes dans la voiture par les policiers.
David aime les armes avoue-t-il face aux juges mais entend aussi protéger toutes ses affaires qu’il laisse dans la voiture. Mais "en aucun cas je n’ai touché une arme ce jour-là", s’obstine-t-il en reconnaissant la conduite dangereuse et les menaces. Ce n’est pas la première fois qu’il s’en prend à la mère de ses enfants. En 2018, il a été condamné pour des violences à son encontre mais le couple s’est remis ensemble il y a un an.
"Quand on l’écoute, on se demande qui est la victime", ironise Me Aurélie Hoareau pour la défense de la victime. "Quel genre d’homme peut exercer des violences sur sa femme enceinte ?", interroge-t-elle.
"Il n’est pas assez fou pour la menacer avec une arme mais il est assez fou pour conduire dangereusement avec sa femme enceinte de 8 mois", fait remarquer la procureure qui note le comportement "détestable, arrogant et mal poli" du prévenu notamment durant sa garde à vue.
Son avocate Me Pauline Blard tente de plaider "une perte de contrôle" ou des "mots qui ont dépassé sa pensée". En vain.
David E. est condamné à 24 mois de prison dont 6 avec sursis avec maintien en détention. La révocation d’un précédent sursis de 4 mois est également prononcée. Outre les obligations de soins ou encore de travailler, David a l’interdiction d’entrer en contact avec la victime et de paraître à son domicile. Il a été déchu de son autorité parentale durant 2 ans. Son permis a été annulé, la voiture confisquée et a l’interdiction de porter une arme durant 5 ans.


