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Saint-Denis : La cliente obsédée par son avocat n'est pas prête de sortir de détention

Le 21 avril dernier, une sexagénaire était sanctionnée en appel, plus lourdement qu'en première instance, pour le harcèlement de son avocat. Ce jeudi, les magistrats de la cour, sollicités pour une demande de remise en liberté, ont bien noté que rien n'avait changé dans le discours de la mise en cause qui reste incarcérée à la prison de Domenjod.
Ecrit par Isabelle Serre – le vendredi 12 mai 2023 à 05H15

Les lunettes portées par Soraya Q. ont certainement caché ses larmes de dépit lorsque la cour a annoncé que sa demande de remise en liberté était rejetée ce jeudi matin. Comme lors de son premier procès, Soraya Q. a répété tel un mantra qu'elle avait été victime "d'acharnement".

Pourtant, entre 2017 et 2019, son avocat dionysien de l'époque, qui l'avait représentée dans une affaire immobilière, avait fini par renoncer à une partie de ses honoraires car celle-ci venait trop souvent au cabinet pour faire des histoires.

La situation avait dégénéré lorsque le conseil s'était, un soir, retrouvé nez à nez avec la cliente planquée dans le parking souterrain où il garait sa voiture. "Elle ne connaissait personne d'autre dans cet immeuble. Elle était là pour lui", avait martelé Me Guillaume Mayer, avocat du plaignant. Soraya Q. avait été jugée pour ces faits dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et avait écopé de 3 mois de prison avec sursis pour des faits qu'elle avait donc reconnus.

Malgré cet avertissement, ce qui était devenu un harcèlement quasi-quotidien s'est poursuivi cette fois-ci dans les artères situées aux alentours du cabinet d'avocat où madame attendait "sa proie" au volant de sa voiture ou plantée dans la rue. Le clou de l'histoire : 60 messages téléphoniques envoyés comportant chacun une citation différente. Une nouvelle plainte avait été déposée et la mise en cause avait été placée sous contrôle judiciaire en attendant son procès correctionnel.

Soraya Q. n'a pas respecté ses obligations. Elle a continué son comportement obsessionnel et a fini par être écrouée. Comparaissant détenue  et particulièrement perturbée devant ses premiers juges, la sexagénaire avait écopé de 6 mois de prison et un mandat de dépôt. Se réclamant d'un complot, l'intéressée a fait appel.

En avril dernier, la cour a entièrement suivi les réquisitions du parquet général et prononcé la peine de 16 mois de prison dont 8 avec sursis probatoire et la révocation de 3 mois de sursis, soit 2 mois de plus qu'en première instance.

Alors qu'elle s'est pourvue en cassation, Soraya Q., qui a présenté des excuses de façade ce jeudi, devra attendre la suite judiciaire de son affaire derrière les barreaux.

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