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Saint-André : Joé Bédier fixe le cap de son second mandat

Ecrit par P.M. – le dimanche 29 mars 2026 à 06H20
Joé Bedier a entamé hier son second mandat à la tête de la maire de Saint-André.

Un peu moins d'une semaine après son élection dans un mouchoir de poche (34 voix d'avance), Joé Bédier a été réélu ce samedi pour un second mandat à la tête de la mairie de Saint-André. Il en a profité pour fustiger l'absence de"front républicain » durant cette élection et donner le cap de son second mandat en présence (remarquée) de Patrice Selly, le président de la Cirest et seul maire de l'Est présent.

Environ 500 personnes se sont retrouvées ce samedi sous la halle couverte du stade Sarda-Garriga pour participer à la première séance du conseil municipal de cette nouvelle mandature.
Alors que certains craignaient de potentiels débordements après que Laurent Virapoullé ait lancé un appel sur les réseaux à ses partisans à participer à la séance, il n'en a rien été et c'est dans le calme que s'est déroulée l'élection du maire et de ses adjoints, mis à part quelques huées quand le nouveau chef de file de l'opposition a indiqué que son groupe de onze élus allait s'abstenir au moment de voter.

Présence remarquée, celle de Patrice Selly, seul maire de l'Est présent ce samedi. Un message d'apaisement assumé par les deux maires.

Patrice Selly présent : "L'heure n'est plus aux dissensions"

À noter l'absence dans les rangs de l'opposition de Jean-Marie Virapoullé (procuration à son frère) et de Judex Therméa (procuration à Juanita Caniguy).
Les rangs des soutiens politiques étaient eux par contre bien fournis. Étaient notamment présents la présidente de la Région et du PLR, Huguette Bello, le maire de Saint-Joseph, Patrick Lebreton, le maire de Saint-Paul, Emmanuel Séraphin, les députés Jean-Hugues Ratenon et Frédéric Maillot, Daniel Alamélou, la cinseillère régionale et élue de l'opposition à Bras-Panon Patricia Profil, des élus du Port et de Sainte-Suzanne mais aussi le maire de Saint-Benoît et président de la Cirest, Patrice Selly dont la présence a été des plus remarquées et sur laquelle nous reviendrons dans un prochain article.

Les deux hommes ont voulu faire passer un message d'apaisement, "l'heure n'est plus aux dissensions" a déclaré Patrice Selly.

À noter également dans le public la présence de Léopoldine Settama-Vidon, ex-candidate aux élections municipales.

Jean-Marc Péquin a de nouveau endossé l'écharpe de premier adjoint.
Gilberte Rayepin Moutoussamy a été élue deuxième adjointe.

Treize adjoints et quatre adjoints de quartier

Sans surprise, c'est avec les voix au complet de sa majorité que ce dernier s'est vu remettre de nouveau son écharpe par un ami politique de longue date, Antoine Sinimalé. Une majorité renouvelée de moitié et dont la plupart des principaux adjoints ont également été reconduits, en commençant par le premier d'entre eux, Jean-Marc Péquin.
Une particularité : aux treize adjoints élus ce samedi — le même nombre que lors de la précédente mandature — s'ajoutent quatre adjoints de quartier dédiés à Fayard (Asmahane Issimaila Hamida), à la Cressonnière (Mickael Soubaya), à Cambuston (Tatiana Boyer) et au centre-ville (Jimmy Grondin).

Le premier maire de Saint-André réélu depuis 25 ans

Dans son discours, une fois son élection entérinée, Joé Bédier a livré ses premiers mots : « Je veux solennellement vous remercier de nous avoir portés, mon équipe et moi, jusqu'à la victoire, un moment qui restera gravé dans l'histoire de Saint-André et de La Réunion (...) Jamais depuis 25 ans un maire n'avait pu enchaîner deux mandats consécutifs à Saint-André, on l'a fait ».
Il rappelle être engagé depuis plus de 30 ans en politique : « et je le répète, l'élu doit incarner la responsabilité et non le pouvoir ».
« C'est ce combat que je mène et continuerai à mener avec des valeurs et des principes forts : le respect, l'engagement, la rigueur et la justice ».

Joé Bédier a notamment rappelé son objectif de créer plus de 3 000 emplois durant cette mandature, pas l'ouverture de nouvelles zones d'activité, d'infrastructures hôtelières ou encore d'un nouveau pôle commercial.

Lire aussi : À Saint-André, Mercialys pose la première pierre du futur "Shop Park"

Joé Bédier fustige "la coalition des anciens"

Il regrette « pas eu de front républicain mais une coalition des anciens pour me battre » — en référence à Laurent Virapoullé et Eric Fruteau — « mais même si certains ont sacrifié leurs valeurs pour cette élection, le résultat est là, nous avons gagné et nous allons continuer notre travail au service de Saint-André, la seule chose qui compte c'est vous, l'intérêt général, une collectivité de projet, qui avance, plus de 150 millions d'euros ont été engagés, du jamais vu et ce bilan personne ne peut l'ignorer ».
Il donne rendez-vous en 2030 : « C'est l'objectif que nous nous sommes fixés pour faire un premier bilan intermédiaire (...) Nous allons bâtir le Grand Saint-André, cette mandature sera celle des quartiers et de la proximité (...) après avoir posé des bases solides ».

"Quelle entreprise n'a pas de pointeuse ?"

En évoquant les employés communaux, il fustige le projet de son adversaire du second tour d'enlever les pointeuses de la mairie : « La mairie est une entreprise municipale, vous pouvez compter sur moi pour récompenser ceux qui travaillent et remettre de l'ordre, on avait prévu d'enlever toutes les pointeuses que j'avais installées, un retour en arrière quand un grand nombre restait chez eux ou devant les boutiques, tout simplement. Et si on enlève les pointeuses, un rapport de la CRC d'août 2021 le dit, on ne peut plus attribuer les 15 jours de RTT, on avait oublié de le dire, quelle entreprise n'a pas de pointeuse mon Dieu Seigneur, c'est le b.a.-ba d'une entreprise, comment peut-on contrôler sinon le travail de 1 600 agents ? »

Le cap sur la Cirest

Il l'assure : « Je serai le maire de l'union des Saint-Andréens, du rassemblement et de l'apaisement ».
Un discours qui est sorti des frontières communales pour s'installer au niveau de la micro-région : « Le rééquilibrage entre les micro-régions, je le dis devant Mme la présidente de Région, rééquilibrer les micro-régions est indispensable, nous ne voulons pas être plus, pas moins, nous voulons être comme les autres ».
Un discours de futur président de la Cirest ? Pour cette élection-là, le rendez-vous est fixé au 10 avril.

Laurent Virapoullé : "Un esprit constructif et républicain"

Interrogé avant le début de la séance, au moment de siéger pour la première fois dans l'opposition, Laurent Virapoullé a évoqué un « sentiment de responsabilité puisque nous siégeons pour 12 241 électeurs de Saint-André, c'est-à-dire quasiment le même nombre de voix que le maire en place, nous avons tenu à être présents et nous allons représenter dignement ceux qui ont voté pour nous dans un esprit constructif et républicain même si nous avons contesté l'élection ».

Le maire et ses adjoints (dans l'ordre) :

Joé Bédier, Jean-Marc Péquin, Gilberte Rayepin Moutoussamy, Jean-Michel Jauze, Evelyne Voisin, Laurent Papaya, Linda Virapin Kichenin, Gilles Naze, Migline Grondin, Christian Gotte, Josette Sababady, Jean-Paul Constant, Jimmye Coupou, Michel Mazeau

Adjoints de quartier : Asmahane Issimaila Hamida (Fayard), Mickael Soubaya (Cressonnière), Tatiana Boyer (Cambuston), Jimmy Grondin (centre-ville). 

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