S. Hayot : "Ne me touchez pas sales nègres !"

Voilà en résumé ce qu’ont subi les sapeurs pompiers venus secourir une automobiliste accidentée à Destrellan – Baie-Mahault. L’un des gendarmes (d’origine africaine) a également reçu une gifle. Et Sylvie Hayot de rajouter qu’elle fait partie d’ “une grande famille qui a ses entrées à l’Elysée”. Sans doute pour bien faire comprendre aux pompiers nègres que nul ne pourrait rien lui faire. Car elle est blanche et que nous sommes en Guadeloupe ; colonie où lé blan, lé kréyòl toujou fè sa yo vlé davwa pitit a esklav pa moun.
Visiblement, c’est vrai, (Sylvie Hayot) a ses entrées à l’Elysée, car comment expliquer qu’elle n’ait pas été mise en garde à vue ? Qu’ont révélé les tests d’alcoolémie et de toxicomanie ? Elle a été conduite à l’hôpital psychiatrique de Saint-Claude afin d’échapper à toute cette procédure. Mais qui a donné cet ordre ?
Visiblement, c’est vrai, elle a ses entrées à l’Elysée, car les gendarmes ont organisé son irresponsabilité pénale, i fòl, i pa sav sa-y ka fè. Visiblement, c’est vrai, elle a ses entrées à l’Elysée, car comment comprendre l’intervention du substitut du procureur qui se transforme en véritable psychiatre-expert et tente alors de justifier et d’expliquer ces insultes racistes et ces agressions. En définitive, la pauvre, ce n’est pas de sa faute, ce sont des choses qui arrivent. Conclusion, tout est permis. Il suffit d’organiser son irresponsabilité en étant sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants. Sauf...
On attendait plutôt du substitut du procureur qu’il révèle les résultats des tests d’alcoolémie et de toxicomanie. On attendait plutôt qu’il précise la gravité des faits en présentant notamment ce que prévoit la loi kon yo ka fè lé sé on sendikalis, kon yo ka fè pou on pitit a esklav oben on zendyen.
Mais que prévoit la loi en l’occurrence :
- Injures raciales : Articles 24-7 et 33 de la loi du 29 juillet 1881 : jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 45000 euros d’amendes ;
- Outrages : Article 433-5 alinéa 1,2 et 3 du code pénal : 6 mois de prison et 7500 euros d’amendes ;
- Violences volontaires : Articles 222-13-5 bis et 222-13-7 du code pénal : jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100000 euros d’amendes ;
- Rébellion : Articles 433-6 et 433-7 du code pénal : 1 an d’emprisonnement et 15000 euros d’amendes.
Nous l’avons compris, un autre individu, "de couleur", n’appartenant pas à une grande famille et n’ayant pas ses entrées à l’Elysée, aurait été arrêté, tabassé, mis en garde à vue, mis en examen pour tous ces chefs d’accusation avec circonstances aggravantes car il s’agit d’actes envers des dépositaires de l’autorité publique et de personnes chargées d’une mission de service public. L’individu "de couleur" aurait été immédiatement jugé suivant la procédure de comparution immédiate puis emprisonné à Fonds Sarail. Et bien entendu certains médias et autres élus, particulièrement muets sur le sujet actuel, se seraient copieusement lâchés. Mais là, il s’agit d’une dame appartenant à une grande famille et ayant ses entrées à l’Elysée.
Quant aux pompiers agressés, ils sont quasiment mis en quarantaine et subissent une forte pression de leur hiérarchie pour ne pas porter plainte individuellement. Dès lors cette affaire prend l’allure d’un arrangement kwa si bouch qui mène vers l’étouffement pur et simple.
Source: www.dazibaoueb.com/article.php?art=26720


