Retraits bancaires et dépenses somptuaires : Le fils spirituel était un arnaqueur

De fil en aiguille, les deux hommes étaient devenus amis et avaient commencé à se rencontrer régulièrement. "C'était comme mon fils spirituel", confie Harry dont les troubles cognitifs avaient été diagnostiqués. Ainsi, Christophe T. avait été amené à réaliser des tâches du quotidien pour aider son nouvel ami.
C'est là où les choses s'étaient corsées. En avril 2019, la compagne d'Harry avait accidentellement découvert en ouvrant un courrier de leur banque qu'elle n'était plus bénéficiaire du compte de son compagnon. Cet élément l'avait intriguée. En poussant un peu plus loin ses recherches, l'infirmière avait eu la mauvaise surprise de constater la disparition de 30.000 euros retirés en espèces sur le compte d'Harry. Des chèques qui n'étaient pas signés de sa main avaient également été débités, au total une coquette somme avait été croquée.
Devant l'insistance de sa compagne, Harry avait confié son désarroi aux gendarmes tout en coupant le lien qui l'unissait à Christophe T. À l'issue d'une série d'investigations et d'une comparution devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis en 2022, le trentenaire était condamné à 2 ans de prison dont 1 avec sursis probatoire ainsi qu'au remboursement de 34.000 euros considérés par la juridiction comme ayant été dérobés. Le préjudice moral de la victime avait été estimé à 2.000 euros.
Sonné par cette condamnation, Christophe, qui assure que les dépenses qualifiées de "somptuaires" par la partie accusatrice ont été faites en présence d'Harry, à sa demande et pour lui rendre service, a fait appel.
Costumes, grosse moto et des centaines de jeux en ligne
Lors de l'audience devant la cour, le prévenu a indiqué que si les dépenses en question concernaient des costumes ou l'achat d'une moto ou encore de nombreux jeux en ligne lui étant destinés, c'était qu'il s'agissait d'un échange de bons procédés : "Je l'aidais, il m'entretenait en contrepartie", a affirmé Christophe devant des magistrats dubitatifs.
En défense, l'avocat de Christophe, Me Jean-Jacques Morel, avait plaidé le lien d'affection et l'amitié qui liaient les deux hommes. Le représentant du parquet ne partageant pas cet avis avait requis la même peine que celle infligée par le premier juge. La peine a finalement été réduite à 2 ans avec sursis probatoire.
*Prénom d'emprunt


