Règlement de comptes politique au Petit-Tampon: Les grillages de la discorde

Mais chacun est resté sur sa faim car la présidente Flauss a zappé tout l’aspect politique pour se concentrer, deux heures durant, sur un droit de passage litigieux et quelques mètres de terrain appartenant à l’un ou tombé dans le domaine commun. Passionnant ! Même TAK, présent à l’audience, en homme bien élevé, cachait (mal) son ennui.
Encore une affaire qui aurait pu être évitée avec un peu de bonne volonté de part et d’autre, mais ce serait trop leur demander.
Branché sur le Chemin-Goyavier, une étroite venelle, un chemin creux autour duquel s’étagent une vingtaine de maisons. Habitées par des Grondin, Lauret, Fontaine et Boyer, tous parents à un titre ou un autre.
Pour permettre aux habitants de cette sente paumée de rejoindre la route tout au bout, avec l’école, la boulangerie et la pharmacie, " une " municipalité de l’époque avait aménagé son surfaçage, évitant ainsi aux gens de l’endroit de longs et fastidieux détours.
Depuis, la politique a opéré ses ravages, certaines familles optant pour le soutien à Paulet, d’autres à TAK. Drame !
Certains riverains ont découvert, ô miracle ! que l’aménagement s’était effectué au détriment de quelques centimètres carrés de leur terrain. Ce qu’aucun relevé cadastral ne confirme au demeurant. Mais on sait qu’en matière de terrain, le Créole sort volontiers ses missiles SCUD.
Ni une ni deux, les mécontents ont barré le terrain, avec des grillages que l’un d’eux, employé municipal, reconnaît avoir pris dans les réserves communales du temps d’un ancien maire qui n’est ni TAK ni Didier.
Les tentatives de discussion, menées notamment par Fred Lauret, 6è adjoint de TAK, se sont révélées vaines. Les esprits se sont si bien échauffés que ça a fini par craquer le 22 avril 2014.
Excédés, ceux qui avaient pris l’habitude de passer là depuis des décennies, sont allés démolir le grillage concerné. Râlé-poussé, insultes, noms d’oiseaux, menaces, exhibition de fesses masculines envers les frimousses féminines du bord adverse, bref, rien que de l’élégance, du savoir-vivre, de la courtoisie, de la civilité. " Douce France… "
Il était patent que la fumeuse histoire de droit de passage n’était que le prétexte à règlement de comptes politique. La Cour a préféré s’attarder sur des centimètres carrés de terre battue, de gifles données ou pas, de cris et vitupérations, des craintes de part et d’autre.
" L’ennui naquit un jour de la monotonie ", dit le poète. Allez voir lé vrai !
Peines requises, quelques centaines d’euros en fonction de la gravité supposée des faits, lesquels se résumaient, de l’avis général, à une immense bêtise, chose la mieux partagée du monde.
Verdict dans quelques semaines.


