Recyclerie de Bagatelle : un nouveau spot pour donner une seconde vie aux objets

La recyclerie de Bagatelle, nouvellement inaugurée à Sainte-Suzanne, se veut bien plus qu’un simple centre de collecte : elle est conçue comme un espace de vie où les objets trouvent une seconde chance. Un lieu pensé pour changer notre rapport aux déchets et encourager l’économie circulaire.
Ce samedi 17 mai, la CINOR a inauguré la recyclerie de Bagatelle à Sainte-Suzanne. Cet équipement innovant, le second sur le territoire Nord après celui du Grand Prado, marque une étape importante dans la politique de gestion durable des déchets de l’intercommunalité. Pensée comme un véritable tiers-lieu, cette recyclerie va bien au-delà du simple dépôt d’objets : elle se veut un espace de partage, de réemploi et de créativité, au cœur du quartier prioritaire de Bagatelle.
Réduire les déchets grâce au réemploi
La recyclerie de Bagatelle a été conçue par la CINOR comme un espace ouvert et convivial, favorisant les échanges entre les habitants. L’objectif est d’intégrer les alternatives de gestion des déchets dans la vie quotidienne en impliquant directement les usagers. La CINOR souhaite ainsi encourager un changement de comportement en incitant les citoyens à repenser leur rapport aux objets et aux matériaux, non plus considérés comme des déchets mais comme des ressources valorisables.
Pour atteindre ce but, la recyclerie propose de nombreuses activités favorisant l’implication des habitants. Des ateliers de réparation, des expositions d’art autour de la récupération, des activités pédagogiques pour les scolaires et les centres aérés, ainsi qu’un espace café évènementiel, permettent de créer du lien social tout en sensibilisant à la réduction des déchets. On y trouve aussi un espace dédié aux apprentissages pratiques tels que la couture ou la réparation d’objets, avec l’ambition de transmettre des savoir-faire essentiels à l’économie circulaire.

La CINOR insiste sur l’importance d’impliquer les citoyens dans ce processus. En favorisant les interactions sociales et la vie de proximité, la recyclerie de Bagatelle devient un lieu de rencontres intergénérationnelles et d’échanges de connaissances. "Nous voulons faire de cet espace un véritable lieu de vie, plutôt qu’un simple lieu de passage", explique l'intercommunalité.
Une réponse aux besoins du territoire
La création de la recyclerie de Bagatelle répond à une demande forte des habitants, mise en lumière par une étude préalable financée à 70 % par l’ADEME. Selon cette enquête, le territoire exprimait une attente significative quant à l’ouverture d’un tel espace. Les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), prêts à s’engager pour animer le site, ont également manifesté leur soutien.
Les habitants de Sainte-Suzanne avaient exprimé le souhait de bénéficier d’ateliers de réparation, tandis que la municipalité affichait sa volonté de dynamiser le quartier de Bagatelle, identifié comme prioritaire. La CINOR a également pu compter sur la mobilisation des filières de responsabilité élargie des producteurs (REP), prêtes à accompagner les initiatives de réemploi portées par les associations et artisans locaux.
L’étude a aussi révélé l’existence d’un potentiel important en matière de réemploi. D’après les entretiens menés avec des structures comme Emmaüs et Nicollin (prestataire de collecte), environ 210 tonnes d’objets réemployables par an pourraient être collectées sur le territoire. Ce gisement pourrait atteindre 250 tonnes si la collecte des encombrants était réalisée de manière plus préservante. La recyclerie s’appuie ainsi sur une ressource abondante pour alimenter ses ateliers et projets de réutilisation.
Un projet porté par les associations locales
Pour assurer l’animation de la recyclerie, la CINOR a lancé deux appels à manifestation d’intérêt (AMI) entre août et octobre 2024. Cette démarche visait à sélectionner des associations capables de faire vivre ce lieu innovant. Au terme du processus, cinq structures ont été retenues : AIDE2S (spécialisée dans la réutilisation des jouets), l'ADRIE (acteur du réemploi en général), DEEE-ALIE (spécialisée dans la récupération de vélos), OCEANI (dédiée à la valorisation des textiles) et Bien-Vivre à Bagatelle (qui animera l’espace bar et culture).
Ces associations travailleront main dans la main pour proposer des activités variées et dynamiser le quartier. Leur implication garantit la pérennité du projet et assure que la recyclerie reste un lieu vivant et ouvert à tous.
Un bâtiment durable et innovant
Au-delà de son rôle social et éducatif, la recyclerie de Bagatelle se distingue par son caractère bioclimatique. Le bâtiment, qui a nécessité un investissement de 1,96 million d’euros, financé à 80 % par le FEDER, incarne la volonté de la CINOR de promouvoir la transition écologique.
Conçue pour minimiser son impact environnemental, la structure comprend des dispositifs favorisant la mobilité durable, avec des espaces de stationnement pour vélos et des bornes de recharge pour voitures électriques. Côté énergie, le bâtiment bénéficie d’un puits de lumière naturelle et d’un système d’éclairage LED à faible consommation. De plus, des panneaux solaires installés sur le toit produisent 37 kWc, permettant d’alimenter le site en énergie renouvelable et de revendre le surplus à EDF.
Le bâtiment prend également en compte la biodiversité locale, avec la plantation d’espèces endémiques pour les espaces verts. Pour la gestion de l’eau, des bacs de récupération des eaux pluviales permettent l’irrigation des jardins. L’architecture favorise la ventilation naturelle, garantissant un confort thermique optimal.
Une dynamique à pérenniser dans le temps
Pour la CINOR, l’ouverture de la recyclerie de Bagatelle marque une étape décisive dans la mise en place d’une économie circulaire sur le territoire nord. L'intercommunalité espère que cet espace novateur contribuera à transformer le regard des habitants sur les déchets, en les incitant à privilégier la réparation et le réemploi plutôt que l’abandon.
Ce projet pourrait constituer une référence pour d’autres initiatives similaires sur le territoire, en conciliant développement durable et dynamique locale.



