Reçus à La Région, les pharmaciens interpellent les élus locaux

Reçus au Conseil Régional, les pharmaciens demandent que les décisions du gouvernement n'impactent pas l'accès aux soins des Réunionnais. Voici le communiqué de l'intersyndicale.
L'intersyndicale des pharmaciens de la Réunion a été reçue ce mardi par les représentants de la Région Réunion. Objectif de cette rencontre : alerter sur les conséquences dramatiques qu'aurait l'arbitrage attendu du gouvernement, si celui-ci entérine une réforme affaiblissant les pharmacies de proximité.
Les pharmaciens ont rappelé que la pharmacie est souvent le seul guichet de santé gratuit, ouvert tous les jours, sans rendez-vous, en particulier dans les quartiers populaires ou les communes enclavées. À La Réunion, où l'on compte 249 officines, ce réseau de santé constitue un rempart vital contre les inégalités d'accès aux soins.
Les professionnels de santé ont partagé leurs constats : patients qui renoncent à consulter un médecin, files d'attente dès 5h du matin pour tenter d'être pris dans un cabinet surchargé, familles isolées sans moyen de locomotion, patients diabétiques ou hypertendus perdus dans leur parcours de soins...
Or, dans ce contexte déjà tendu, le gouvernement projette une réforme technique qui aura des conséquences sociales majeures : baisse des moyens attribués aux pharmacies, menace sur leur viabilité, et à terme, un risque accru de désertification sanitaire.
« Les mêmes méthodes produisent les mêmes effets. Comme dans d'autres secteurs, on pousse à bout un service de proximité jusqu'à ce qu'il s'effondre, puis on s'étonne des dégâts », dénonce un représentant de l'intersyndicale
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Les pharmaciens soulignent que la situation est d'autant plus préoccupante à La Réunion en raison de spécificités locales bien documentées :
• un taux de diabète deux fois plus élevé qu'en métropole,
• des inégalités sociales criantes,
• un territoire insulaire aux contraintes logistiques fortes,
• et une densité médicale plus faible dans certaines zones.
Enfin, l'intervention de François Bayrou dans les médias a profondément choqué la profession. En suggérant que la dette publique serait due aux comportements individuels des Français, il nie la responsabilité politique dans la gestion des services publics et l'abandon progressif des territoires périphériques. Une déclaration d'autant plus déplacée que les pharmaciens ne cessent de s'adapter et d'absorber les manques du système, souvent sans reconnaissance ni moyens supplémentaires.
Les pharmaciens ne demandent pas de privilèges, mais la préservation d'un service public de santé efficace, humain et accessible.
Ils appellent solennellement les parlementaires et les élus locaux à refuser une réforme destructrice, et à défendre une politique de santé équitable, adaptée aux réalités réunionnaises.


