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Quatre parlementaires, "c'est pas des poupettes"...

Ecrit par zinfos974 – le mardi 5 mars 2013 à 16H21

Philippe Leconstant commence seulement à comprendre qu'il n'aurait jamais dû accepter la proposition de Gilbert Annette de prendre la direction du parti socialiste à la Réunion.

Au début, il n'y a vu que les avantages : il allait avoir accès à la télévision, aux médias et pensait que ça allait le servir dans ses envies de reconquête de la mairie de Saint-Benoît en 2014. Mais très vite, il a compris le piège dans lequel il était tombé, poussé par Gilbert Annette.

Tout d'abord, c'est à lui qu'il revient désormais -et non plus au maire de Saint-Denis- d'assumer la popularité désastreuse du gouvernement. Et quand les journalistes l'appellent, ce n'est pas comme il l'espérait pour lui commenter des mesures populaires, mais pour lui demander de se montrer solidaire de nouvelles taxes, de nouveaux impôts ou de mauvais chiffres du chômage...

Mais surtout, il a découvert l'importance des rancoeurs, pour ne pas dire des haines, qui existaient au PS avant qu'il n'en prenne la tête. Naïvement, il a cru qu'il ne s'agissait que de problèmes personnels entre Patrick Lebreton, Jean-Claude Fruteau, Jean-Jacques Vlody et Michel Vergoz d'un côté, et le clan de Gilbert Annette. Il pensait que sa seule arrivée à la tête du PS allait suffire à aplanir les difficultés et ramener la paix dans le parti, lui qui avait proposé une direction collégiale où tous les courants seraient représentés.

C'était une grossière erreur.

Tout d'abord parce que, manifestement, les choses étaient déjà allées trop loin et que, dans l'esprit des dissidents, Philippe Leconstant présentait une tare indélébile : il n'était selon eux qu'une marionnette entre les mains de l'habile Gilbert Annette qui continuait à tirer les ficelles en coulisses.

Mais aussi, en choisissant Philippe Leconstant, Gilbert Annette a fait basculer Jean-Claude Fruteau dans le camp des guerriers, lui le Sage qui avait essayé jusque là de rester en dehors des querelles, souhaitant rester dans la position d'un rassembleur de ce qui est épars au sein de la fédération. Choisir Philippe Leconstant, c'était en quelque sorte déclarer la guerre à Jean-Claude Fruteau, lui qui était au courant depuis plusieurs mois des vélléités de son premier adjoint de se présenter dans un an aux municipales à Saint-Benoit.

Nos quatre dissidents ont donc franchi le premier pas : la constitution d'un mouvement qui officiellement fait toujours partie du PS, tout en étant dissident.

Jusque là, Philippe Leconstant pouvait se dire qu'il avait sauvé au moins la face, si ce n'est l'essentiel. Mais voilà que Patrick Lebreton annonce dans la presse que son "mouvement" a pour vocation de présenter des candidats dans toutes les communes de l'île. Donc potentiellement, face à des candidats "officiels" du PS !

Pour Philippe Leconstant, le Rubicon est franchi et, au risque de passer pour un gamin appelant papa et maman au secours, il se retourne vers les responsables du parti à Paris, prenant le risque d'apparaitre comme le chef d'une fédération aux ordres de la capitale.

Mais est-il sûr que "Paris" tranchera en sa faveur? Comment en effet se couper d'une majorité des parlementaires socialistes de la Réunion, quatre députés et sénateur (Lebreton, Vlody, Fruteau et Vergoz), contre deux députés dans le camp des légitimistes de Gilbert Annette et Philippe Leconstant (Bareigts et Orphé) ?

Comme me le disait ce matin un militant socialiste, "quatre parlementaires, c'est pas des poupettes" !!!

 

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