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Projet de logements à La Marine : une zone humide qui pourrait tout changer

Ecrit par P.M. – le mercredi 29 octobre 2025 à 14H47
le collectif appelle de nouveau la mairie a annulé son permis de construire.

À Sainte-Suzanne, le collectif de La Marine a obtenu une première “avancée” : une expertise de terrain a révélé la présence d’une zone humide sur le site du projet de 117 logements. Ce qui pourrait entraîner sa protection à terme et dans l'immédiat la réalisation d’une étude au titre de la loi sur l’eau.

La visite a eu lieu la semaine dernière, en présence d’un agent de la DEAL et d’un botaniste du Conservatoire national. Accompagnés de membres du collectif, ils ont parcouru pendant plus de trois heures la zone où le projet immobilier doit voir le jour.

Selon les observations réalisées sur place, au moins une vingtaine d’espèces typiques des zones humides, dont certaines protégées, ont été identifiées, assure le collectif. Un rapport officiel est attendu dans les prochains jours, mais le collectif affirme avoir déjà reçu la confirmation orale du botaniste quant à la nature humide du site.

« Grâce à cette action, nous disposons aujourd’hui de vidéos (voir par ailleurs) et de constats attestant de la présence d’une zone humide, avec des joncs et des plantes protégées, confirmant ainsi la richesse écologique du site », commente le collectif, qui a organisé une conférence de presse ce mardi.

Une étude loi sur l’eau demandée

Dans un courrier daté du 16 octobre, la DEAL confirme que « les parcelles mentionnées ne figurent pas à ce jour parmi les zones humides recensées par les services de l’État. Néanmoins, les éléments communiqués justifient une vérification approfondie. »
L’administration annonce ainsi la réalisation d’analyses de terrain destinées à rechercher des indicateurs biologiques caractéristiques de milieux humides. « Si la présence d’une zone humide devait être confirmée, le maître d’ouvrage devra réaliser les inventaires écologiques détaillés prévus dans ce type de situation, ce qui pourra conduire à requalifier le cadre réglementaire d’analyse du projet. »
Selon le collectif, la DEAL aurait d’ores et déjà demandé au porteur du projet de réaliser une étude au titre de la loi sur l’eau, ce qui pourrait repousser le lancement du chantier de plusieurs mois.

lire aussi : Sainte-Suzanne : craignant des inondations, un collectif s'oppose à la construction de 117 logements à la Marine

Le collectif demande l’évacuation des remblais, accusés d’aggraver le risque d’inondation (photo D.R).

Une demande d’annulation du permis

Forte de ces avancées, le collectif d’habitants réclame de nouveau l’annulation du permis de construire délivré en juillet par la mairie. Il estime que l’implantation d’un bâtiment de cette ampleur dans une telle zone constitue une menace pour la sécurité du quartier.
Il demande également que soient évacués les remblais, « accumulés sur près de 200 mètres de long, 80 mètres de large et 7 mètres de haut », censés protéger le site mais accusés de créer un risque supplémentaire en cas de fortes pluies.

Pour les habitants, ces remblais modifient l’écoulement naturel des eaux et aggravent les phénomènes de stagnation déjà observés dans les zones les plus basses. « Tout le quartier repose sur une éponge », résume un membre du collectif, rappelant que certaines familles sont installées sur place depuis plus de 80 ans.

 "Tout le quartier est posé sur une éponge !”, lance un membre du collectif.

Des travaux annoncés par la DEAL

Le collectif demande par ailleurs la réalisation de travaux d’urgence pour sécuriser la zone, notamment le curage du canal Foutaque et de la rivière Saint-Jean, ainsi que la réouverture d’un ancien exutoire d’eau pluviale vers la rivière Sainte-Suzanne.

Dans le même courrier, la DEAL indique que « des travaux d’entretien courant des cours d’eau du secteur – le Foutaque et le ruisseau Emmanuel – affectés par le cyclone Garance, seront réalisés avant la prochaine saison cyclonique. Ces interventions, destinées à améliorer les écoulements en période de crue et à limiter les impacts sur les enjeux riverains, sont bien inscrites au calendrier prévisionnel des services de la DEAL. »
L’administration rappelle également que « la réduction durable de la vulnérabilité du quartier de La Marine s’inscrit dans le cadre du programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) de la Grande Rivière Saint-Jean, coporté par la CINOR et la CIREST, avec l’appui technique et financier de l’État. » Une façon aussi de renvoyer la balle vers l’intercommunalité.
Les habitants demandent par ailleurs la réalisation de travaux pour sécuriser le risque d’inondation depuis la 2x2 voies. Une réunion a eu lieu récemment avec la Région sur ce sujet. La collectivité a annoncé la réalisation de travaux dans un délai rapide.

La mobilisation se poursuit

Dans un communiqué, le collectif déplore que son recours gracieux, adressé au maire de Sainte-Suzanne le 8 septembre, soit resté sans réponse. « Nous attendons de la mairie qu’elle tienne ses engagements et clarifie ses décisions concernant le permis délivré dans une zone fragile. Nous demandons également un soutien sans relâche de l’État, afin d’assurer la sécurité du quartier, la protection des biens et des familles, ainsi que la préservation de notre environnement. »

Les habitants affirment qu’ils poursuivront leurs démarches « bénévolement et collectivement, pour nous tous ». Et de conclure : « Les campagnes politiques qui s’annoncent ne vont pas noyer notre bataille – bien au contraire, nous nous ferons entendre. »

Etiquettes : Sainte-Suzanne

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