Procès du Sidelec : Maurice Gironcel écope de cinq ans de prison dont deux ferme et cinq ans d'inéligibilité

Coup de massue cet après-midi pour le maire de Sainte-Suzanne reconnu coupable de favoritisme, d’entente illégale et de corruption passive dans l’affaire des marchés truqués du Sidelec. Maurice Gironcel est condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis, 60.000 euros d’amende et à une peine d’inéligibilité de cinq ans. L'homme politique a décidé de faire appel.
Les juges ont prononcé à l’encontre du dernier dinosaure du PCR une peine de cinq ans de prison dont trois avec sursis qu'il n'effectuera pas en raison de son grand âge, de 60.000 euros d’amende ainsi qu’une peine complémentaire d’inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire.
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La « mise à l’écart » d’un récidiviste
La sentence des magistrats du siège est donc presque conforme aux réquisitions du Parquet National Financier (PNF). Celui-ci avait réclamé une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire, sachant que Maurice Gironcel avait déjà été condamné à trois reprises par le passé pour des détournements de fonds publics, en 2008, 2010 et 2015. Notamment, il avait écopé la dernière fois d’une peine de prison assortie d’un sursis probatoire de dix ans. Ce qui faisait de lui un récidiviste en puissance au procès des marchés truqués du Sidelec où il est désormais reconnu coupable d’entente illicite, de favoritisme et de corruption passive.
Au fil de sa démonstration, le magistrat du PNF avait considéré que Maurice Gironcel était au « sommet de la pyramide » décisionnelle. Raison pour laquelle il avait aussi requis cinq ans de prison ferme de manière à s’assurer « de sa mise à l’écart ». Au-delà des 60.000 euros d’amende, le tribunal a confirmé la confiscation d’une somme de 30.000 euros saisie à titre conservatoire au cours des investigations.
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« Le paratonnerre de Maurice Gironcel » écarté de la fonction publique
Sans surprise, Yves Gigan, le DGS du Sidelec, a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis. Une peine d'un an ferme donc qu'il pourra effectuer sous bracelet électronique. Une peine aménageable sous la forme d’un bracelet électronique, qui lui évite de rentrer en prison. Il écope aussi d’une peine d’amende de 30.000 euros. À titre complémentaire, il lui est interdit de conserver une fonction publique pendant trois ans et il est frappé d’une peine d’inéligibilité d'un an.
Le représentant du ministère public avait qualifié le DGS de "sans-gêne, droit dans ses bottes et de paratonnerre de Maurice Gironcel" lors de son réquisitoire. Pour rappel, le binôme Gironcel – Gigan, des caciques du PCR, étaient aux manettes du Sidelec depuis 2014.
Les dirigeants tapés au portefeuille
Les dirigeants et les cadres des sociétés visés pour des faits de corruption active en bande organisée, d'entente et de recel de favoritisme ne sont guère à la noce eux aussi. Jean-Michel Hypolite, ex-patron de Bourbon Lumière, perçu comme « le porte-parole » du pacte de corruption, est condamné à trois ans de prison avec sursis, 100.000 euros d'amende et une interdiction de gérer pendant cinq ans avec sursis. Les sommes saisies sont confisquées pour lui.
Jean-Christophe Paroux, directeur général de Testoni Réunion, considéré comme "moteur de l'entente", écope de trois ans de prison avec sursis, 100.000 euros d'amende et une interdiction de gérer pendant cinq ans avec sursis. Pour lui aussi, les sommes confisquées sont restituées. Me Jean-Jacques Morel et Me Saint-Pierre estiment que "le tribunal nous a entendu car la capacité de l'entreprise à continuer à travailler est maintenue, de même que celle de son dirigeant".
« Un cran en dessous »
Yannick Grondin, "un cran en dessous" des deux précédents selon le PNF, est condamné à deux ans de prison avec sursis, une peine d'amende de 50.000 euros et cinq ans d'interdiction de gérer avec sursis. La société SGER2, en qualité de personne morale gérée par ce dernier, hérite d’une peine d’amende de 200.000 euros d'amende et de cinq ans d'exclusion des marchés publics avec sursis. Par contre, les sommes saisies pour lui et sa société sont restituées.
Les responsables de SRME, soupçonnés d'entente par le PNF, sont finalement tous relaxés. Enfin, le tribunal a estimé que la partie civile du Sidelec était recevable. Elle lui accorde des dommages et intérêts à hauteur de 423.578 euros au titre du préjudice principal et 5.000 euros pour l'atteinte à son image. Des sommes pour lesquelles les prévenus condamnés sont redevables à parts égales et avec exécution provisoire.


