Sainte-Suzanne : condamné dans l'affaire du Sidélec, Maurice Gironcel fait appel

Condamné ce jeudi 25 septembre 2025 à cinq ans de prison dont deux ferme, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et 60 000 euros d’amende, Maurice Gironcel a réagi dans un communiqué en annonçant qu’il faisait appel. Le maire de Sainte-Suzanne affirme vouloir rester pleinement en fonction. Mais juridiquement, l’exécution provisoire de son inéligibilité change la donne.
Le tribunal correctionnel a suivi les réquisitions du Parquet national financier (PNF) dans l’affaire des marchés truqués du Sidélec. Le maire de Sainte-Suzanne et président du Sidélec, âgé de 77 ans, a été condamné à deux ans de prison ferme, trois ans avec sursis, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et 60.000 euros d’amende. La confiscation de 30.000 euros saisis à titre conservatoire a également été prononcée.
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Dans son communiqué, l’élu historique de Sainte-Suzanne annonce avoir déjà interjeté appel. "Je prends acte et je conteste la décision rendue ce 25 septembre. Mes conseils ont déjà interjeté appel. (…) Cette décision rendue en première instance n’est pas définitive et ne présume en rien pour l’avenir", écrit-il.
"Le combat continue"
Malgré cette condamnation, Maurice Gironcel affirme qu’il reste pleinement mobilisé à la tête de ses mandats. "Je continue donc à assumer pleinement mes mandats de maire de Sainte-Suzanne, président de la CINOR et président du Sidélec", assure-t-il, ajoutant : "Avec mes équipes, nous restons mobilisés pour assurer la continuité des services publics, poursuivre les projets engagés et défendre la dignité et l’avenir de notre territoire."
Le maire, figure du Parti communiste réunionnais, conclut son communiqué en affirmant qu’il "n’a jamais baissé les bras" et qu’il poursuit son engagement "avec détermination" aux côtés des habitants de Sainte-Suzanne et de La Réunion.
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Inéligibilité et exécution provisoire : ce que dit le droit
En principe, une peine d’inéligibilité ne devient effective qu’une fois la décision de justice définitive, c’est-à-dire après épuisement des recours. Dans ce cas, un élu conserve son mandat tant que l’appel ou le pourvoi est en cours.
Mais il existe une exception : si le tribunal assortit cette peine de l’exécution provisoire, elle s’applique immédiatement, même en cas d’appel. Concrètement, cela signifie que malgré son recours, Maurice Gironcel est privé de son mandat dès le moment où il recevra la notification du préfet.
Cette condamnation et l’exécution provisoire de l’inéligibilité ouvrent une période d’incertitude politique pour la commune. Tandis que Maurice Gironcel affirme vouloir "continuer le combat", l’application immédiate de la peine pose la question de sa succession à la mairie et de l’avenir des projets en cours.


