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Sainte-Suzanne entre incertitude et changement après la condamnation de Maurice Gironcel

Ecrit par S.I. – le jeudi 25 septembre 2025 à 16H13

C’est un tournant pour Sainte-Suzanne : son maire historique, Maurice Gironcel, a été condamné à 2 ans de prison ferme et a été déclaré inéligible pour 5 ans avec exécution provisoire. Une décision qui ouvre une période d’incertitude pour la commune.

Le couperet est tombé ce jeudi 25 septembre. Le tribunal a confirmé les réquisitions du Parquet national financier (PNF) à l’encontre de Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne et président du Sidélec. L’élu de 77 ans est condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et 60.000 euros d’amende dans l'affaire des marchés truqués du Sidélec. La confiscation de 30.000 euros saisis à titre conservatoire est également prononcée.

L'homme politique a décidé de faire appel.

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La chute d’un maire emblématique

Cette décision marque un tournant décisif pour celui qui régnait depuis plus de trente ans sur la commune de Sainte-Suzanne. Syndicaliste devenu militant communiste, Maurice Gironcel avait bâti une solide carrière politique, régulièrement confortée dans les urnes.

Durant le procès en mai dernier, l'avocat de Maurice Gironcel avait requis la relaxe dans ce qu’il qualifiait de dossier "prétendument vide". Le tribunal en a décidé autrement, estimant les faits de corruption et de favoritisme établis dans l’affaire des marchés truqués du Sidélec.

Lire aussi : Maurice Gironcel fait appel

Une carrière jalonnée de victoires et de condamnations

Né le 29 août 1948 au Tampon, Maurice Gironcel avait quitté La Réunion en 1966 dans le cadre du Bumidom. Après une carrière d’ouvrier aux PTT et un engagement syndical à la CGT, il avait intégré le Parti communiste réunionnais, dont il est resté une figure centrale.

Premier adjoint de Lucet Langenier en 1983, il avait pris les rênes de la commune en 1993 avant d’être réélu à plusieurs reprises, en 1995, 2001, 2008, 2014 et 2020. Également président de la CINOR et du Sidélec, il a longtemps su maintenir sa popularité malgré ses mises en cause.

Condamné en 2008 et en 2010 pour détournement de fonds publics, il avait déjà perdu temporairement ses mandats avant de revenir en force en 2012 grâce à une élection partielle.

Un conseil municipal sous tension ce lundi

"C’est une page qui se tourne pour Sainte-Suzanne", confie un proche du dossier. La commune s’apprête en effet à vivre une transition politique inédite, alors que son maire historique fait face à une condamnation lourde et définitive.

Reporté la semaine dernière faute de quorum, le conseil municipal de ce lundi 29 septembre sera maintenu comme prévu. Un conseil qui devrait être bien présidé par Maurice Gironcel, qui compte bien, avec ses militants, contester la notification du préfet sur son inéligibilité.

Tout savoir sur l'affaire Sidélec

Repères : les grandes dates de la carrière et des condamnations de Maurice Gironcel

  • 1948 : naissance au Tampon.
  • 1966 : départ en métropole via le Bumidom ; ouvrier aux PTT et engagement syndical à la CGT.
  • 1983 : devient premier adjoint du maire de Sainte-Suzanne, Lucet Langenier.
  • 1993 : lui succède à la mairie après son décès.
  • 1995, 2001, 2008, 2014, 2020 : réélu maire de Sainte-Suzanne.
  • 2001 : première mise en examen pour irrégularités dans les marchés publics.
  • 2008 : condamné à deux ans d’inéligibilité pour “saucissonnage” d’un marché public.
  • 2012 : revient à la mairie de Sainte-Suzanne après la démission de Yolande Pausé.
  • 2020 : réélu maire et président de la CINOR.
  • 2025 (25 septembre) : condamné à 2 ans de prison ferme, cinq ans d’inéligibilité et 60.000 € d’amende dans l’affaire des marchés truqués du Sidélec.

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