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Pourquoi le 10 mai est la Journée nationale des mémoires de l’esclavage en France ?

Ecrit par N.P. – le samedi 10 mai 2025 à 11H26

Le 10 mai est devenu en 2006 la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette date symbolise la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité par la loi Taubira. Si chaque territoire français commémore l’abolition selon sa propre histoire, le 10 mai fédère ces mémoires à l’échelle nationale.

Depuis 2006, le 10 mai est officiellement reconnu en France comme la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette date a été choisie pour rappeler un moment clé de l’histoire contemporaine : l’adoption au Sénat, le 10 mai 2001, de la loi dite "Taubira", qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.

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Cette loi, portée par la députée Christiane Taubira, a été votée à l’unanimité par le Parlement. Elle marque une étape importante : pour la première fois, la République française reconnaît officiellement l’ampleur des crimes commis pendant des siècles à l’encontre des personnes réduites en esclavage dans les colonies françaises.

La date du 10 mai a été retenue pour cette journée nationale, car elle permet de rassembler toutes les mémoires autour d’un moment unique dans l’histoire parlementaire. Avant cette décision, plusieurs dates avaient été envisagées, mais celles-ci correspondaient à des abolitions locales, spécifiques à chaque territoire d’Outre-mer, ce qui risquait de diviser plutôt que d’unir.

Pas une, mais des abolitions de l'esclavage

La France a en effet connu plusieurs abolitions de l’esclavage selon les lieux et les périodes. En 1794, une première abolition avait été décrétée pendant la Révolution, mais elle fut rétablie en 1802 sous Napoléon Bonaparte. Ce n’est qu’en 1848 que l’esclavage est définitivement aboli dans les colonies françaises.

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Même en 1848, la mise en œuvre du décret d’abolition s’est faite à des dates différentes selon les territoires, car elle dépendait de l’arrivée sur place du commissaire de la République chargé de la proclamer officiellement. Voici quelques exemples :

  • En Martinique, c’est le 22 mai 1848, à la suite d’une révolte d’esclaves, que l'abolition est proclamée en premier.
  • En Guadeloupe, l’abolition est proclamée quelque jours plus tard, le 27 mai 1848.
  • En Guyane, elle a lieu le 10 juin 1848.
  • À La Réunion, elle est officiellement proclamée le 20 décembre 1848, après deux mois de préparation par le commissaire Sarda Garriga.
  • À Mayotte, l’abolition n’a été appliquée qu’en 1867.
  • En Nouvelle-Calédonie, où l'esclavage a touché principalement les populations autochtones, les formes d’exploitation ont perduré au-delà de la fin du XIXe siècle.

Le 10 mai permet donc de fédérer l’ensemble de ces mémoires, tout en laissant à chaque territoire la possibilité de célébrer sa propre date d’abolition.

Au-delà de l’histoire, cette journée du 10 mai est aussi un temps de réflexion. Elle encourage les écoles, les institutions culturelles et la société civile à parler de l’esclavage, de ses conséquences, et de la manière dont il a marqué durablement la société française et les Outre-mer. C’est un moment pour rappeler l’importance de la dignité humaine, de l’égalité entre les peuples, et de la transmission de cette mémoire aux jeunes générations.

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