Foncier agricole : le Sénat adopte un amendement d'Audrey Bélim pour accélérer la remise en culture des friches outre-mer

Le Sénat a adopté un amendement porté par la sénatrice socialiste de La Réunion Audrey Bélim visant à faciliter la remise en culture des terres agricoles laissées en friche dans les Outre-mer. Une mesure que l'élue présente comme une étape en faveur de la souveraineté alimentaire, même si elle estime que d'autres réformes restent nécessaires.
Dans un communiqué, Audrey Bélim souligne que le foncier agricole constitue une ressource particulièrement rare dans les territoires ultramarins, où la pression urbaine, le relief et la préservation des espaces naturels limitent les surfaces cultivables. À La Réunion, près de 12.000 hectares de terres agricoles seraient aujourd'hui laissés en friche.
L'amendement adopté adapte les règles applicables aux départements et régions d'Outre-mer en ramenant à deux ans le délai à partir duquel une parcelle en friche peut faire l'objet d'une procédure de mise en valeur. Selon la sénatrice, cette évolution permettra de mobiliser plus rapidement les terres agricoles inexploitées afin de soutenir la production locale.
L'élue se félicite également de l'avis favorable de la ministre de l'Agriculture, qui a estimé que cette disposition constituait une mesure concrète en faveur de la souveraineté alimentaire des Outre-mer.
Pour autant, Audrey Bélim juge que cette avancée législative ne suffira pas à résoudre les difficultés structurelles du foncier agricole. Elle pointe notamment les successions non réglées, les indivisions, les difficultés de transmission des exploitations, le faible niveau des retraites agricoles ou encore les obstacles financiers rencontrés par les jeunes souhaitant s'installer.
La sénatrice appelle ainsi le préfet, la Chambre d'agriculture et l'ensemble des acteurs concernés à poursuivre les actions engagées pour accompagner les propriétaires et les exploitants, simplifier les démarches administratives, faciliter les transmissions et mieux protéger les terres agricoles face à l'artificialisation.
Enfin, Audrey Bélim regrette que plusieurs de ses amendements visant à autoriser à La Réunion l'utilisation de semences issues du bassin de l'océan Indien aient été déclarés irrecevables. Elle affirme vouloir poursuivre ses démarches sur ce sujet, qu'elle estime essentiel pour développer une agriculture adaptée aux conditions climatiques locales.


