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Pour une démocratie accentuée à l'île de la Réunion

L’instauration d’une démocratie accentuée est nécessaire demain à l’Ile de la Réunion, si nous voulons prospérer et exister demain tant au niveau national qu’international. Pour cela, elle doit se donner les moyens en se dotant d’institution capable simple et dynamique.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 1 février 2012 à 15H26

66 ans après la départementalisation que constatons nous au vue de l’objectif que cette dernière c’était fixé, à savoir, l’aboutissement normal d'un processus historique et la conclusion logique d'une doctrine comme l’avais su si bien l’exprimer Aimé Césaire à savoir l’assimilation, promesse de bonheur et de prospérité ne s’est pas réalisée ?

Cet objectif plus particulièrement n’a donc pas été tenu. Alors oui, je suis en accord complet avec l’analyse de Dominique Custos qui dans son rapport "La décentralisation dans les DOM entre continuité et renouvellement" (revue française administrative publique 1/2002, fait le constat implacable, 66 ans plus tard d’une ile toujours au prise avec cette lutte et ce complexe identitaire criant, les émeutes qui ont secouées Le Chaudron en sont un vibrant exemple, nous sommes aussi face à une lutte politique intestine nauséabonde et détestable et enfin nous n’avons toujours pas développé une économie locale digne de ce nom.
De plus, quand on fait le diagnostic général de ce qu'a été la décentralisation15 telle qu'elle existe encore aujourd'hui,
L’on s'aperçoit que cette dernière, si elle a libéré les deux assemblées territoriales de l'emprise du représentant de l'état, néanmoins, la décentralisation de La Réunion dans son cadre mono-départementaliste, n'a fait qu'entretenir la superposition territoriale, la concurrence entre les politiques d'actions, sans oublier la concurrence entre les chefs des collectivités respectives et plus grave encore mettant en exergue compétition et confusion institutionnelles, bref amenant par voie de fait à une inefficacité administrative probante.

Mais la faille de la décentralisation ne s'arrête pas à là. La non répartition par origine géographique de la haute administration locale et la persistance de l'état dans cette attitude est certainement le point le plus négatif. Plus de vingt ans après la promulgation de la loi de décentralisation, l'administration d'état est encore prisonnière de son passé colonial. Malgré quelques nominations symboliques, originaire de l'outre-mer, la haute administration présente encore le même visage. La réunion des chefs de services de la préfecture déconcentrée aujourd'hui, nous propose toujours et encore le même visage au système colonial d'antan. Or, la départementalisation renforcée par la décentralisation devait par voie de fait, amener à la disparition de la réservation des emplois d'encadrement aux représentants colonisateurs. Le constat est aujourd'hui amer au vu du peu de progrès significatif dont nous sommes témoins.

Aussi, il est important de comprendre :

I) Qu’il faut nous tourner inexorablement vers une assemblée unique (comportant des outils de contre-pouvoir efficaces, source d’une vie politique éthique et démocratique saine).

II) Et qu’il nous faudra tendre vers une démocratie accentuée et ainsi laisser aux régions/territoires et donc aux locaux dans les années qui viennent, une partie de l'exercice du pouvoir législatif. Il est évident que l'on gère mieux quand on est dans la proximité et la problématique des SRU en est un des exemples. Cette dernière n'est pas appliquée dans bon nombre de communes de France qui préfèrent payer des sanctions et pénalités que d’accepter respecter la loi. Il faudrait donc par exemple, que la Région puisse d'elle- même augmenter ou pas cette sanction ce qui n’est pas le cas actuellement.

Ainsi, dans le cadre d’une démocratie accentuée, l'Etat s'occuperait des questions régaliennes (la justice, l'ordre public, la défense du territoire, les affaires étrangères, la police mais aussi de la solidarité et de la redistribution de la péréquation entre des régions/territoires). Pour tout le reste, les collectivités locales seraient compétentes, certainement avec plus d'efficacité et de proximité. L’avenir de La Réunion passe demain, par la venue aux affaires de ses enfants. Qu’on se le dise, le temps est venue pour prendre les responsabilité, c’est notre notre tour et ce dans le cadre la République et dans celle de l’Union Européenne.

Yannick Fontaine

 

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