Pour Jean-Luc Mélenchon, c'est Lucie Castets ou la destitution pour Macron

Il y a de l'eau dans le gaz après la récente sortie du patron de la France Insoumise ce dimanche. Jean-Luc Mélenchon accuse Emmanuel Macron de "coup de force institutionnel" et menaçant d'utiliser l'article 68 de la Constitution pour le destituer s'il refuse de nommer Lucie Castets Première ministre. Cette initiative, annoncée discrètement et sans concertation avec les autres partis de gauche, a provoqué de vives réactions parmi les alliés de LFI. Le Parti socialiste, les écologistes et les communistes (PCF) se sont désolidarisés, craignant que cette manœuvre compromette l'unité de leur coalition. Les socialistes en particulier n'ont pas apprécié cette nouvelle sortie de Jean-Luc Mélenchon. "La réponse à une nomination d’un [Premier ministre] qui ne serait pas conforme à la tradition républicaine est la censure", écrit sur X (ex-twitter) Olivier Faure. La situation a réactivé les tensions internes au PS, notamment entre Faure et ses opposants, qui craignent que LFI ne sabote délibérément la candidature de Lucie Castets.
Cependant, la procédure de destitution reste un long chemin de croix qui a peu de chance d'aboutir. D'abord, il est nécessaire de convaincre les deux chambres du Parlement de se transformer en "haute cour". Cela commence par une proposition de résolution, qui doit d'abord recevoir l'aval du Bureau de l'Assemblée (NFP dispose d'au moins 12 voix sur 22). Ensuite, cette résolution doit être validée par la commission des lois et adoptée en séance plénière par une majorité des deux tiers. Idem au Sénat. Vient ensuite le moment pour cette "haute cour" de voter pour la destitution, avec encore une fois une majorité des deux tiers requise.
Ces tensions apparaissent alors que le camp présidentiel tente lui aussi d'imposer un nom pour Matignon. La possibilité qu'Emmanuel Macron choisisse une autre personnalité de gauche pour le poste de Premier ministre, comme Bernard Cazeneuve, pourrait encore diviser la gauche. Bernard Cazeneuve, un farouche opposant de LFI, pourrait être soutenu par une partie du PS. Une hérésie pour l'aile gauche de la coalition, qui voit dans l'ancien ministre de l'Intérieur de François Hollande l'un des fossoyeurs du PS.


