Polémique sur le non déclenchement par le préfet de l'alerte rouge mercredi soir

Il est 4 heures en ce jeudi matin. Comme beaucoup de Réunionnais apparemment, je ne dors pas et j'écoute l'évolution de la situation sur radio Freedom. Félicitations d'ailleurs au passage à Laetitia qui a assuré l'antenne d'une main de maître depuis 21h et qui restera à l'antenne jusqu'à 5h du matin, permettant à tout le monde d'être informés du moindre arbre abattu ou fil électrique qui traine au sol.
Mais plus la nuit avance, plus les rafales se font fortes et les trombes d'eau s'abattent et plus le standard est saturé d'appels de Réunionnais angoissés à l'idée de devoir partir travailler dans ces conditions.
Le préfet a pris ses responsabilités en n'annonçant pas dès hier soir le déclenchement de l'alerte rouge pour 6h ce matin. Il a préféré laisser les Réunionnais s'endormir dans le doute, reportant la décision à 5h ce matin, à l'issue d'une réunion en préfecture. Mais, en vertu de la règle selon laquelle il faut trois heures entre l'annonce de la décision et le déclenchement réelle de l'alerte rouge, cette dernière ne pourra intervenir avant 8h ce matin !
Entretemps, des milliers de Réunionnais auront pris la route pour aller travailler car Jean-Luc Marx semble avoir oublié que tout le monde n'est pas fonctionnaire, que tout le monde ne prend pas son travail à 8h du matin pour l'achever à 16h. Qu'il y a des milliers de travailleurs qui prennent la route à toutes les heures de la nuit pour se rendre à leur travail, laissant à la maison leurs conjoints qui appellent la radio, apeurés d'avoir laissé leurs époux prendre la route dans des conditions dantesques dans certaines régions.
A-t'il pensé à ces Réunionnais qui habitent dans l'Ouest et qui doivent aller travailler à Saint-Denis, ou inversement, qui ont dû prendre la route de la Montagne au milieu des rafales de vent et du risque de voir un arbre leur tomber dessus, pour probablement apprendre à 5h du matin que l'alerte rouge a été déclenchée et qu'il leur faut refaire le trajet en sens inverse?
Il est facile, a posteriori, de critiquer et accordons au préfet l'excuse qu'il a à faire face à son premier cyclone. Mais il est censé être entouré de spécialistes qui auraient dû le conseiller efficacement...
Croisons les doigts pour qu'il n'y ait pas de victimes du fait des conditions météorologiques car sinon, la polémique n'a pas fini d'enfler !



