PLF 2026, décentralisation, mobilités : Huguette Bello fait entendre la voix de La Réunion au Sénat

Reçue avec une délégation de Présidents de régions par Gérard Larcher ce mercredi, la Présidente de la Région Réunion a insisté sur la préservation des dispositifs ultramarins, la nécessité de moyens renforcés pour les mobilités et les projets structurants, ainsi que sur une décentralisation adaptée aux spécificités locales.
Les Présidents de régions ont été reçus ce mercredi 19 novembre au Sénat par Gérard Larcher pour un échange jugé stratégique autour du projet de loi de finances 2026 et du nouvel acte de décentralisation. À la tête de la délégation, Carole Delga a rappelé les inquiétudes des régions face à la baisse annoncée de leurs moyens, notamment sur les formations sanitaires et sociales, et alerté sur la nécessité de conserver leur capacité d’investissement dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint.
Pour La Réunion, Huguette Bello a porté plusieurs messages jugés essentiels pour les outre-mers. Elle a demandé le maintien des dispositifs d’attractivité économique, en particulier la défiscalisation et la LODEOM, dont l’avenir ne peut, selon elle, être discuté sans études d’impact sérieuses. La Présidente a également remis sur la table l’ambition du projet de train et la recherche de financements complémentaires, plaidant une nouvelle fois pour que les régions ultramarines puissent bénéficier du versement « mobilité régionale », au même titre que les régions hexagonales. Un amendement allant dans ce sens a, rappelle-t-elle, déjà été déposé.
De nouveaux outils financiers
Les discussions avec le Président du Sénat ont aussi porté sur les nouveaux outils financiers nécessaires aux grandes infrastructures. Huguette Bello a évoqué une piste déjà étudiée sur l'île : la création d’une société réunionnaise des grands projets, sur le modèle de celle du Grand Paris, capable de disposer de ressources propres pour porter les investissements structurants.
Ces sujets s’inscrivent dans un cadre plus large : celui d’un nouvel acte de décentralisation. La Présidente de Région a insisté sur un point majeur : toute évolution des compétences des collectivités doit impérativement s’accompagner de moyens financiers garantis, tout en préservant les prérogatives fiscales spécifiques des outre-mers. Elle a également précisé que, pour La Réunion, région mono-départementale, l’enjeu n’était pas la fusion des institutions, mais une meilleure harmonisation des compétences. L’économie, la formation et l’aménagement relèveraient pleinement de la Région — une orientation déjà amorcée avec le retour programmé de la compétence agricole en janvier 2028 — tandis que le Département renforcerait sa vocation sociale, face notamment au vieillissement de la population.
Enfin, les Présidents de régions ont partagé leurs préoccupations concernant le futur cadre financier pluriannuel de l’Union européenne. Gérard Larcher a évoqué sa récente rencontre avec la Présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et encouragé les régions à poursuivre les discussions. Huguette Bello et Ary Chalus ont rappelé, à ce titre, la tenue la veille d’une rencontre de haut niveau entre les Régions ultrapériphériques, la Commission européenne, le Parlement européen et les États membres.
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