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Plateau Caillou : Un début de dialogue entre la SEDRE et les opposants ?

La mairie et la SEDRE en pleine opération de déminage autour du projet de la Zac Renaissance III (ou des Tamarins). Une première réunion avec des représentants des riverains a eu lieu ce mardi, une autre avec les membres du collectif “Protège nout savane” est prévue pour la semaine prochaine.
Ecrit par M.B. – le jeudi 22 août 2024 à 09H56
Refoulés de la réunion d'information, les opposants ont décidé de s'installer sur l'herbe pour discuter.

Il y avait un peu de monde sur le parking de la salle polyvalente de Plateau Caillou ce mardi. En fin d’après-midi, la commune organisait une réunion avec les représentants du comité des habitants du quartier sur le futur projet de la Zac Renaissance III. Une rencontre qui n’était pas ouverte au public, au grand dam des membres du collectif “Protège nout savane” présents. “C’est le format de rencontre qu’on a décidé de mettre en place”, explique sobrement l’agent de mairie, repoussant toute personne qui n’était pas conviée.

Bien décidés à profiter du moment pour discuter entre eux et se mettre d’accord sur la marche à suivre, les opposants organisent donc une contre-réunion sur la pelouse de la salle polyvalente. “J’ai vu arriver les tractopelles derrière chez moi. Depuis on essaye de s’organiser pour lutter contre ce projet. Entre le TO et la mairie, c’est la même gouvernance et pourtant, on est étonné de voir le peu de lien qu’il y a entre les programmes urbains. On a près de 25.000 logements qui vont sortir de terre avec l’Ecocité. Pourquoi avoir besoin de venir grignoter la savane. Pendant ce temps, les travaux continuent. Le défrichage est terminé et ils ont commencé à aménager les voies pour les travaux”, s’agace William, membre du collectif.

“On va bétonner jusqu’à où ?”

Nombreux sont des riverains de la savane, comme Alain, habitant de Fleurimont. “On vit avec le tourisme par ici. Je ne comprends pas qu’on vienne s’attaquer à un espace naturel comme celui-là. On entend aussi parler de plus en plus de problème d’eau dans l’Ouest. Est-ce vraiment la solution ? Et pour la question du logement, on voit des bâtiments abandonnés partout dans les centres-villes”, explique ce père de famille.

Pour beaucoup ici, au-delà de la question de la disparition d’un lieu de nature, il est surtout question d’aménagement urbain et de l’évolution qu’il doit prendre pour l’avenir. “On encourage encore ce modèle de la voiture, car comment les gens vont aller travailler là où sont les emplois ? Encore une fois, ça va rajouter des problèmes de mobilité. Il faut qu’on change nos schémas de développement urbain. Le quartier doit s’agrandir, mais le collège est déjà saturé, où vont être scolarisés les jeunes de Plateau Caillou ?”, ajoute Teddy, aussi riverain de la savane.

Présente aussi depuis le début de la mobilisation, Geneviève Payet, secrétaire régionale d’EELV et suppléante du député Perceval Gaillard, dénonce aussi un chantier “écocide”, symbole d’une île devenue “un gâteau qu’on peut se partager. On ne veut pas d’une cité-dortoir VIP. Le logement social dans ce projet n’est qu’un appât pour faire avaler la pilule. Nous demandons une vraie démocratie participative qui inclut les habitants. On ne peut plus accepter que des consultations publiques avec neuf participations soient considérées comme honnête”, dénonce Geneviève Payet.

“Le collectif est maintenant une force reconnue”

Désormais, d’un simple collectif informel, les opposants veulent se structurer en association afin de mieux s’organiser contre ce projet. “Quand on a commencé à ressentir les vibrations dans la maison, on s’est dit ‘ça y est, ça commence’, alors qu’on croyait le projet abandonné. Nous voulons rendre visible notre combat et se renforcer sur le plan juridique pour mieux lutter. La structuration en association va nous permettre de mieux recevoir des dons si on relance une cagnotte. Celle qu’on a pour l’instant n’est plus mise en avant, car on veut être transparents sur l’utilisation de cet argent”, explique de son côté Jeanne, elle aussi membre du collectif.

Le dialogue entre, d’une part, la mairie et la SEDRE, et d’autre part le collectif ne semble pour l’instant pas rompu. Une réunion leur a été proposée en début de semaine prochaine, preuve pour le collectif qu’ils sont désormais considérés. "On a été entendu, on a une existence concrète et ils nous connaissent dorénavant. Le collectif est maintenant une force reconnue. Nous voulons continuer de communiquer avec eux, mais nous maintenons nos demandes. Les 17.000 signatures sur notre pétition montrent que nous sommes nombreux à vouloir défendre cette savane, donc nous allons tenter de rendre publique au maximum les informations qu’on va nous transmettre”, annonce Elie, lui aussi membre du collectif.

Les membres veulent poursuivre les actions, et n’excluent pas d’organiser d’autres rencontres comme celle du 28 juillet dernier.

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