Plan d'économie à Run Market : Bataille de chiffres à venir

Ce matin, les syndicats (CGTR, CFDT et CFTC) se sont réunis pour une première séance de travail avec la direction de Run Market. Objectif, finaliser l'accord de méthode concernant les discussions à venir dans le cadre du futur APC, comme nous l'avions révélé la semaine dernière.
Cet APC est jugé nécessaire par les actionnaires de Run Market (Victor Bellier Participation et le groupe mauricien IBL), toujours en quête d'économies. « L’APC comporte des mesures qui s’inscrivent dans le plan de restructuration à long terme de l’entreprise si l’on veut atteindre un objectif de reprise pérenne de celle-ci », nous expliquait Régis Durieux, président de Make Distribution (Run Market).
Run Market : Les 650 salariés vont devoir se serrer la ceinture
Les résultats des quatre magasins de l'enseigne ne sont pas forcément au rendez-vous. Si l'exercice 2022 de Run Market – avant la reprise par IBL – s'est soldé par une perte de 12 millions d'euros, 2023 ne s'annonce pas meilleur pour autant. « Nous n'avons pas encore eu les détails, simplement un aperçu général. Les éléments financiers présentés par la direction doivent encore être validés », explique Martine Gauvin, déléguée syndicale centrale pour la CGTR.
Les salariés en "colère"
La CFDT et les autres syndicats ont obtenu la désignation d'un expert pour analyser les résultats financiers présentés par Run Market. « C'est une démarche normale. Pour le moment, il n'a pas été question de parler chiffres, mais uniquement de méthode. Un calendrier des prochaines rencontres a été arrêté », précise Mario Corbeau, délégué syndical central pour la CFDT Réunion. Mais une chose est certaine, les salariés des quatre grandes surfaces montrent des signes de « colère » selon les syndicats. « Nous avons fait le tour des magasins, et les salariés n'ont plus rien à donner », affirme Martine Gauvin. Il reste 625 salariés au sein de Run Market. Ils étaient initialement 650, mais une partie d'entre eux a été transférée lors de la reprise en main des rayons fruits et légumes par la société LM Fruits et Légumes.
Quels moyens d'économie restent à la disposition de la direction ? Les salariés bénéficient d'accords antérieurs, incluant un 13e mois et des tickets restaurant. Si ces avantages sont remis en cause par la direction, les syndicats s'y opposeront surtout en cette période de forte inflation et de baisse du pouvoir d'achat.
Run Market : « À nous de négocier pour perdre le moins possible »
Premier remboursement du passif cette année
La direction de Run Market cherche à réaliser des économies. En mai 2023, le tribunal de commerce de Saint-Denis a donné son feu vert pour l'homologation du protocole d'accord entre les créanciers et Run Market. 70 millions d'euros de dettes ont été effacées sur les 130 millions d'euros du passif initial. Une clause de retour à meilleure fortune a été actée, ainsi qu'un accord bilatéral d'étalement des créances des 200 fournisseurs de Run Market. Les premiers remboursements doivent être effectués cette année.
Au-delà du passif de l'entreprise, subsistent quelques risques financiers identifiés par l'actionnaire minoritaire Victor Bellier Participation. Les anciens dirigeants de Run Market ont engagé une procédure devant le tribunal de commerce de Paris suite à leur révocation. Le risque de condamnation est jugé « élevé » par l'actionnaire. Révoqués de leurs postes, les anciens dirigeants auraient dû toucher un « golden parachute » d'un peu plus de 2 millions d'euros, ce qui n'a pas été le cas.


