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Run Market : « À nous de négocier pour perdre le moins possible »

L'état d'esprit des syndicats de salariés oscille entre résignation et espoir d'éviter un plan social après la décision de la direction de Run Market de mettre en place un accord de performance collective (APC). Ils assurent qu'ils seront vigilants quant aux demandes de la direction, notamment en ce qui concerne la remise en cause des acquis des 650 salariés de l'enseigne.
Ecrit par Julien Delarue – le mercredi 7 août 2024 à 16H19

« Je préfère un accord de performance collective à un plan de sauvegarde de l'emploi », déclare Mario Corbeau, délégué syndical central pour la CFDT Réunion. « Nous avons toujours dit que l'emploi était la priorité pour la CFDT. » La décision de la direction de mettre en place un APC laisse cependant les syndicats de salariés dubitatifs, eux qui ont connu de nombreux aléas depuis la cession de Vindemia (rachetée par GBH et Make Distribution). « Il faut revenir sur l'historique. M. Girardier (auteur des rapports sur la grande distribution pour le compte de l'OPMR, NDLR) avait lancé un pavé dans la mare après la reprise de Vindemia par Make. Il avait annoncé les dettes colossales de Run Market suite à une mauvaise gestion », explique Martine Gauvin, déléguée syndicale centrale pour la CGTR.

 

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« Un vrai risque sur les acquis »

 

Repris officiellement en août 2023 par le groupe mauricien IBL, les syndicats rappellent que certains acquis des salariés ont déjà été perdus. « Maintenant, la direction nous demande des efforts supplémentaires. Il y a un vrai risque de voir encore des acquis remis en cause », s'inquiète-t-elle.

Le calendrier arrêté par la direction prévoit de présenter les accords de méthodes dans le courant du mois d'août pour entamer les négociations en septembre. « C'est à nous de négocier pour perdre le moins d'avantages possible », assure Mario Corbeau. « Il ne faut pas croire que l'on va tout perdre », prévient-il.

Que reste-t-il à la direction comme moyens d'économie ? Les salariés disposent d'accords antérieurs, d'un 13e mois, de tickets restaurant... Ces pistes, si elles sont validées, inquiètent les syndicats en cette période de forte inflation et de baisse du pouvoir d'achat. « Il faut rappeler aussi que l'APC ne dure que sur une période donnée. » Le temps que le chiffre d'affaires des magasins redécolle et soit au rendez-vous des prévisions financières de la direction mauricienne ?

 

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60 millions d'euros à rembourser

 

Il ne faut pas oublier qu'en mai 2023, le tribunal de commerce de Saint-Denis avait effacé, après accord des créanciers, 70 millions d'euros de dettes sur les 130 millions d'euros du passif initial. 60 millions d'euros restent à rembourser.

La CGTR fait aussi des demandes, notamment de commencer les économies « par le haut » et non simplement sur les 650 salariés du groupe. « C'est un ensemble au sein de l'entreprise. Il ne faut pas seulement viser les salariés de base. Ce n'est pas le genre d'accord que l'on cautionne d'emblée. Nous sommes dans l'attente de voir et d'écouter », rappelle Martine Gauvin.

Des syndicats qui se montrent prudents quant à la démarche à suivre. « Nous sommes dans l'attente des chiffres et de l'économie demandée. Il faut que ce soit pertinent. » À la CGTR, on n'exclut pas de se remobiliser en intersyndicale, avec la CFDT et la CFTC, dans l'intérêt des salariés.

 

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