Piratage du fisc : les premières victimes reçoivent un message de l'administration fiscale

Après le piratage ayant touché le système d’information de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), les contribuables dont les données ont été consultées frauduleusement commencent à être informés. Dans un courrier électronique adressé aux personnes concernées, l’administration détaille les informations potentiellement exposées et appelle à une vigilance accrue face aux risques d'escroquerie et d'usurpation d'identité.
Les premières notifications arrivent dans les boîtes mail. Après avoir reconnu un accès frauduleux à son système d'information, la Direction générale des Finances publiques informe désormais directement les contribuables concernés par la fuite de données.
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Dans le message adressé aux victimes, intitulé « Consultation illégitime de vos informations fiscales », la DGFiP précise qu'un acteur malveillant a revendiqué, le mercredi 12 août, avoir eu accès en juin et juillet à des données de l'administration fiscale. L'intrusion aurait été réalisée à l'aide des identifiants usurpés d'un agent de la DGFiP, combinés à ceux d'un tiers habilité par l'administration.
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« Vous recevez ce message car vous êtes concerné(e) par cet acte de malveillance », indique clairement l'administration aux destinataires.
Identité, coordonnées, revenus, RIB… de nombreuses données potentiellement consultées
La liste des informations susceptibles d'avoir été exposées est conséquente. Selon la DGFiP, les pirates ont potentiellement pu consulter l'identifiant fiscal, l'état civil, les coordonnées postales, téléphoniques et électroniques, mais aussi plusieurs éléments relatifs à la situation fiscale.
Sont notamment concernés la situation familiale, le nombre de personnes à charge, le nombre de parts fiscales, le revenu fiscal de référence, le taux de prélèvement à la source ou encore la liste des messages échangés avec la DGFiP via la messagerie du site impots.gouv.fr.
Le courrier évoque également les coordonnées bancaires parmi les informations concernées.
L'administration apporte toutefois une précision importante : les mots de passe permettant d'accéder à l'espace Finances publiques n'ont pas été compromis. Les déclarations et avis d'impôt n'auraient pas non plus été consultés.
Phishing et usurpation d'identité : les principaux risques
La DGFiP redoute désormais l'utilisation des informations dérobées pour mettre en place des escroqueries particulièrement crédibles. Les contribuables concernés pourraient recevoir des courriels, SMS ou appels téléphoniques utilisant certaines de leurs véritables données personnelles afin de gagner leur confiance.
L'objectif pourrait être de récupérer des mots de passe, codes bancaires, numéros de carte ou copies de documents d'identité. Dans les cas les plus graves, les données déjà récupérées pourraient également faciliter des tentatives d'usurpation d'identité.
La DGFiP rappelle qu'elle ne demande jamais la transmission d'informations confidentielles en dehors de l'espace sécurisé du contribuable et que ses courriels sont uniquement informatifs : ils peuvent contenir des liens, mais aucune démarche sensible n'est censée être réalisée directement depuis un mail.
Les personnes ayant reçu cette notification sont également invitées à surveiller régulièrement les mouvements sur leurs comptes bancaires.
Les accès frauduleux fermés, les comptes placés sous surveillance
Dans son message, l'administration explique que les accès utilisés par l'auteur de l'attaque ont été fermés dès leur identification, en juin puis en juillet. Elle reconnaît toutefois que le vol des données n'avait pas été détecté à ce moment-là, celui-ci ayant été réalisé en contournant les circuits habituels.
La DGFiP indique désormais renforcer la protection des comptes concernés. Une attention particulière doit notamment être portée aux modifications qui pourraient intervenir dans les prochains mois, comme un changement d'adresse postale ou de coordonnées bancaires.
L'administration annonce également un retour d'expérience et la mise en œuvre de nouvelles mesures de sécurisation.
Pour les contribuables, le message est donc clair : la réception de ce courrier signifie que leurs informations font partie de celles qui ont été consultées lors de l'intrusion. La prudence est désormais de mise face à tout appel, SMS ou courriel inhabituel se présentant comme provenant des impôts, d'une banque ou d'un autre organisme.
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