Philippe Creissen pris dans une affaire de violence avec menace d'une arme

Le médiatique avocat s’est défendu lui-même. Philippe Creissen a notamment été condamné en 2012 pour violences avec arme dans une affaire de voisinage et risque la récidive. Alors dans cette affaire, difficile pour l'avocat de ne pas pointer un procès, certes délocalisé, qui serait teinté "d'un manque d’impartialité", comme étayé dans ses demandes de nullité jointes au fond. L’affaire aurait pu être classée, mais finalement ne l’a pas été après un différend avec un ancien procureur du parquet de St-Denis, sous-entend l'avocat qui n'avait pas hésité également à porter plainte en 2015 contre le procureur général de la cour d’appel pour "abus d'autorité".
Le jour des faits, peu avant Noël 2021, l’avocat termine sa balade avec son chien dans l’embouchure de la Rivière du Mât et voit une famille couper de jeunes filaos. Une pratique interdite sur cet espace protégé.
Alors que l’enfant caresse le chien, Philippe Creissen l’informe de cette interdiction. Information que l’enfant va s'empresser de livrer à ses parents. Le père, sabre à la main, tente alors de suivre Philippe Creissen pour parler. Pour éviter toute confusion, l'homme pose justement sa lame avant de rattraper celui qui s'est permis de faire une réflexion. La communication entre les deux hommes ne passe pas. La victime "en colère, est venue vers moi pour qu’on s’explique", décrit la scène Philippe Creissen. "C'est dans l’audition de sa compagne, il ne voulait pas lâcher. Il est revenu à la charge à plusieurs reprises", fait valoir l’avocat. Alors pour "intimider la victime", "lui faire peur", Philippe Creissen a sorti un couteau.
Arrivé à sa voiture, l'avocat s’empare d’une hachette dans son coffre quand il revoit l'homme revenir vers lui. "J’ai eu peur de me faire casser la figure parce que j'ai dit que c’était interdit de couper des filaos en bord de mer". La première fois, Philippe Creissen muni d'un couteau pour la pêche, lance qu’il va lui ajouter des cicatrices à ses tatouages puis avec la hachette, car l'avocat est amateur de bois flotté, menace de casser le pare-brise du véhicule de la victime."Si vous voulez éviter de vous battre, il faut impressionner son adversaire", préconise à l'avocat devant le prétoire.
Ironisant sur le "nouveau concept de légitime défense lié à un ressenti", le Parquet rappelle que la légitime défense exige une réponse proportionnelle. "Rien ne vient étayer le ressenti et au lieu de partir, il sort une hachette alors qu’il y a un enfant et la compagne de la victime dans la voiture", tance le représentant du ministère public. "Qui est alors le plus menaçant", interroge le parquet qui requiert 120 jours amende à 30 euros et l’interdiction de porter une arme durant cinq ans.
Philippe Creissen plaide pour sa défense les versions qui diffèrent entre la victime et sa compagne de l'époque, mais aussi l'absence de la partie civile ce jeudi à l’audience.
Le délibéré est attendu pour le 28 mars prochain.


