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Patrick Lebreton renvoyé devant la justice pour injures

Ecrit par N.P. – le jeudi 6 novembre 2025 à 14H26

La Cour de cassation a annulé la relaxe dont avait bénéficié Patrick Lebreton dans l’affaire des injures proférées en 2020 contre André Thien-Ah-Koon et Jeannot Lebon. Le maire de Saint-Joseph devra de nouveau comparaître devant la cour d’appel de Saint-Denis le 8 décembre prochain, selon les informations révélées hier par Freedom.

Les faits remontent à une réunion publique tenue le 6 août 2020, peu après l’élection à la présidence de la Casud. Ce jour-là, Patrick Lebreton, alors député-maire de Saint-Joseph, avait vivement réagi à sa défaite face à André Thien-Ah-Koon, réélu au bénéfice de l’âge.

Lire aussi : André Thien Ah Koon réélu à la présidence de la CASUD "uniquement" au bénéfice de l'âge

Durant cette réunion politique, il aurait qualifié son rival de « chinois » à plusieurs reprises, ajoutant « le chinois qui veut bèse tout’ pou li au Tampon ». Il avait également insulté son opposant municipal Jeannot Lebon en le traitant de « TDC », précisant que cela signifiait « trou du cul ».

Une double relaxe annulée

En février 2022, le tribunal correctionnel de Saint-Pierre avait relaxé Patrick Lebreton des chefs d’injures publiques et raciales, estimant que ses propos, bien que déplacés, s’inscrivaient dans un contexte de débat politique vif. Les juges avaient alors considéré que la référence à l’origine d’une personne n’était pas, en soi, constitutive d’une injure raciste puisqu'elle n'était pas associé à « un adjectif offensant ou méprisant » à La Réunion « où différentes communautés ethniques ou religieuses cohabitent en bonne intelligence, il n’est pas, en soi, injurieux de désigner une personne par ses origines ».

La cour d’appel de Saint-Denis avait confirmé cette relaxe en mars 2023, jugeant qu’aucun élément ne permettait d’établir une volonté d’atteinte à la dignité d’André Thien-Ah-Koon ou de Jeannot Lebon. Les magistrats avaient également estimé que les propos ne visaient pas la communauté chinoise dans son ensemble et devaient être replacés dans le contexte local de rivalités politiques.

Un dossier relancé sur fond de tensions politiques

Mais la Cour de cassation, dans un arrêt rendu le 25 février 2025, a cassé cette décision. Elle reproche aux juges d’appel de ne pas avoir procédé à une analyse complète du discours tenu par Patrick Lebreton. Selon la haute juridiction, il leur appartenait d’évaluer « le sens et la portée des propos poursuivis » en tenant compte de l’ensemble des éléments du contexte, et pas seulement du climat politique ou du « contexte local ».

Le renvoi de Patrick Lebreton devant la justice relance une affaire vieille de plus de quatre ans. Dans un communiqué publié ce jeudi, son opposant municipal Jeannot Lebon s’est félicité de cette décision, estimant qu’« une forme de justice s’applique enfin ». Il accuse le maire de Saint-Joseph d’être « coutumier de l’humiliation et de la pression » et évoque un climat de tension au sein même de la majorité municipale, marqué par des départs récents d’élus et de cadres.

L’audience de renvoi devant la cour d’appel de Saint-Denis est prévue le 8 décembre prochain.

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