Pâques : malgré la flambée du cacao, la folie du chocolat ne faiblit pas

À la veille du week-end de Pâques, les chocolatiers affichent complet. Malgré la hausse des prix du cacao, la demande reste forte, portée par une tradition bien ancrée et l’attachement à la qualité artisanale.
Dans les vitrines, les moulages ont quasiment disparu. À quelques heures du week-end de Pâques, le constat est sans appel chez les artisans chocolatiers : les stocks sont presque épuisés.
Au Tampon, Patrick Martinel, artisan chocolatier chez J’m le chocolat, confirme cette tendance. « Oui, c'est ça, comme tous les Pâques, c'est comme ça. À Noël, pareil. » Une situation qui se répète chaque année, avec un pic de consommation très marqué sur les périodes de fêtes.
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Une tradition qui résiste à la hausse des prix
Et pourtant, le contexte est loin d’être favorable. Depuis deux ans, le prix du cacao a fortement augmenté, poussant les professionnels à ajuster leurs tarifs.
« Il y a eu une augmentation, c'est vrai, une grosse augmentation. J'ai répercuté un petit peu, parce que s'il fallait répercuter réellement, ça aurait été déjà énorme », explique l’artisan.
Malgré cela, les ventes ne faiblissent pas. « Non, ça n'a pas eu trop d'incidence. Les gens continuent à acheter. Quand c'est de la qualité, en fait, ça aide », explique Patrick Martinel, qui estime que le consommateur fait la différence entre production industrielle et fabrication artisanale.
Un constat confirmé par ses résultats. « Mon chiffre augmente d'année en année un petit peu, à chaque fois un petit peu. Il n'y a pas de baisse. »
Des nouveautés… mais pas de révolution
Côté produits, pas de grande tendance cette année. Si certains chocolats viraux ou exotiques ont pu marquer les saisons précédentes, la base reste inchangée.
« J'essaye de faire des nouveautés dans les décorations, mais ça reste du chocolat », souligne Patrick Martinel. « Après, c'est les décorations qui changent un peu, mais c'est tout. »
Même logique pour les saveurs. « Je fais des nouveaux parfums, des nouveaux goûts, mais ce n'est pas forcément une tendance. Les gens aiment bien des nouveautés, mais il n'y a pas de tendance. »
Un marché rythmé par les fêtes
Derrière ce succès ponctuel, la réalité du métier reste plus contrastée. L’activité repose en grande partie sur quelques temps forts dans l’année.
« C'est-à-dire que ça se vend très, très bien pendant les périodes de fêtes. Et après, c'est vraiment, on ne va pas dire le désert, mais presque », confie l’artisan. « En fait, on vit sur les grosses périodes. Et après, il faut économiser. »
Une organisation typique du secteur, où Noël et Pâques concentrent l’essentiel du chiffre d’affaires.
Une demande toujours au rendez-vous
Malgré les tensions sur les matières premières, la passion pour le chocolat ne semble pas prête de s’essouffler. À Pâques, la tradition l’emporte largement sur les considérations économiques.
Et si une éventuelle baisse du prix du cacao est évoquée, elle reste encore incertaine pour les professionnels. « Je n'ai pas entendu ça, mais les prix, pour l'instant, n'ont pas vraiment bougé », note Patrick Martinel.
En attendant, une chose est sûre : cette année encore, les gourmands ont répondu présents.


