Une escale exceptionnelle à La Réunion pour les trésors de la mode chinoise

Plus de 200 pièces, des costumes traditionnels aux créations contemporaines : l’Espace culturel des Lanternes, à Saint-André, accueille dès samedi 3 octobre une exposition internationale sur le patrimoine vestimentaire chinois. Après Stockholm et La Haye, La Réunion sera son unique étape française, avant son retour à Pékin.
Quelques robes en soie, entièrement cousues à la main et encore suspendues à une tringle, donnent déjà le ton. L’installation n’est pas encore achevée, mais ces premières pièces offrent un aperçu du voyage qui attend les visiteurs.
Avec « Le patrimoine vestimentaire chinois entre tradition et modernité », des pièces parfois centenaires vont côtoyer les créations de stylistes contemporains. Un panorama du patrimoine vestimentaire chinois, "entre tradition et modernité".
C’est assez rare pour être souligné : après la Suède et les Pays-Bas, cette exposition internationale itinérante a choisi Saint-André pour sa seule escale française. "Pour une fois, ce n’est pas la France hexagonale, c’est la France des territoires", se réjouit Daniel Thiaw-Wing-Kai, président de l’Association culturelle chinoise de La Réunion.
Pour l’espace culturel inauguré en 2024, accueillir cette exposition pendant un mois représente aussi une nouvelle étape. "C’est un grand honneur d’accueillir cette exposition", souligne le président, qui y voit une occasion de faire découvrir le lieu et, plus largement, de mettre "l’Est en l'air".
Deux cents pièces entre tradition et création
Portée par l’Institut des technologies de la mode de Beijing (BIFT) et soutenue par le Fonds national chinois pour les arts, l’exposition ne se limite pas aux robes. Costumes de fête, broderies, bijoux et accessoires révèlent la diversité du patrimoine vestimentaire chinois.
"Elle réunit plus de 200 pièces en rapport avec les vêtements ethniques traditionnels et les créations contemporaines de Chine", explique Tian Hui, professeur au BIFT et directeur de son musée des costumes ethniques.
Quatre univers structurent la visite. « Codage » explore les formes, les motifs et les couleurs transmis au fil des générations. « Transposition » montre comment les créateurs réinterprètent cet héritage. Avec « Tisser », les techniques traditionnelles rencontrent les matériaux innovants et les technologies contemporaines. « Symbiose » ouvre lui sur le dialogue entre les cultures.
Tenue de fête des femmes bouyei du Guizhou, broderies à l’étain des Miao, bijoux en laque chinoise ou sacs inspirés de l’art du pli : le parcours dévoile également les traditions de différentes ethnies chinoises. Des vêtements qui témoignent d’identités et de savoir-faire transmis au fil des générations, dans lesquels les stylistes puisent aujourd'hui leur inspiration.
Pour Tian Hui, l’objectif est de faire découvrir la culture chinoise sous toutes ses coutures : "On espère partager avec vous toute la sagesse qui se rapporte à la création du vêtement chinois et son esthétique."

"Favoriser les échanges"
Pourquoi avoir choisi La Réunion pour l’étape finale de cette exposition ? Le consul général de Chine, Chen Xiaolei, rappelle les liens anciens entre les deux pays, évoquant des échanges dès le XVIIe siècle avec la France. Des relations qui se poursuivent aujourd’hui dans le cinéma, les arts ou la mode.
"Ce sont les échanges culturels qui renforcent les compréhensions mutuelles", défend-il.
À ses yeux, La Réunion occupe une place particulière dans cette histoire. Depuis près de deux siècles, les familles venues de Chine participent à la vie sociale, économique et culturelle de l’île, rappelle le consul, soulignant leur contribution au "vivre-ensemble" et à la "créolité" réunionnaise.

Un rapprochement avec Tianjin en octobre
Dans un monde traversé par les conflits, le consul appelle à multiplier les occasions de rencontre. Son ambition : permettre aux Réunionnais de mieux connaître la Chine, mais aussi aux artistes et enseignants chinois de découvrir l’île. Il annonce des séminaires et des échanges avec le milieu artistique autour de l’exposition.
Ce rapprochement doit aussi prendre une dimension économique. Une délégation conduite par la présidente de Région se rendra en Chine en octobre pour signer une déclaration d’intention de coopération décentralisée avec la ville de Tianjin, a annoncé la conseillère régionale et élue de Saint-André Stéphanie Poïny-Toplan.


Et demain, des étudiants réunionnais à Pékin ?
Dès jeudi, des étudiants réunionnais doivent également rencontrer les enseignants chinois et participer à un atelier. De quoi susciter, peut-être, des envies de poursuivre leurs études à Pékin, avec la préparation linguistique qui s'impose.
Fondé en 1959, le BIFT est "le premier établissement public d’enseignement supérieur spécialisé dans le vêtement en Chine", indique Guan Lixin lors de la présentation de l’institut. Il accueille environ 7.000 étudiants et associe création artistique et ingénierie, du textile au design, en passant par les accessoires et le management de la mode.
L’établissement coopère avec plus de 40 écoles et universités dans le monde, notamment en France. Ses équipes ont aussi conçu des costumes pour les Jeux olympiques de Pékin. Son musée conserve plus de 10.000 pièces, un fonds qui nourrit la recherche et la formation.
Pour le découvrir, c'est le moment de partir vers la Chine, a rappelé le consul : jusqu’au vendredi 31 décembre 2026, les titulaires d’un passeport ordinaire français peuvent séjourner sans visa pendant trente jours maximum.
En attendant, la découverte de la culture et de l'univers chinois commence samedi 3 octobre à Saint-André, avec des visites guidées proposées chaque samedi, sur réservation. Entrée gratuite.
LES INFOS PRATIQUES
Exposition "Le patrimoine vestimentaire chinois entre tradition et modernité"
- Lieu : Espace culturel des Lanternes, Saint-André.
- Dates : du 3 au 31 octobre 2026.
- Horaires : du mardi au samedi, de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 17 h.
- Visites guidées : chaque samedi, sur réservation (4 chaque samedi).
Inscriptions : sur place, sur la page Facebook de l’Espace culturel des Lanternes ou par mail à [email protected].


