Revenir à la rubrique : Société

C'est quoi Z’Happyro, l’anti-Tinder péi pour se rencontrer vraiment ?

Ecrit par Gaetan Dumuids – le samedi 3 octobre 2026 à 07H57

Née à La Réunion, l’application Z’Happyro veut prendre le contre-pied des plateformes de rencontre classiques. Pas de “swipe” à partir d’une photo, mais des afterworks, soirées, expériences et rencontres accompagnées pour créer du lien en vrai, qu’il soit amoureux, amical ou professionnel.

Et si la première impression se faisait ailleurs que derrière un écran ? C’est le pari de Laura Gallet qui, avec Z’Happyro, lance une application pour donner un prolongement numérique à son concept déjà bien installé sur le terrain : organiser des occasions de se rencontrer en vrai.

À rebours des applications où l’on fait défiler les profils, Z’Happyro mise sur les sorties, les activités et les affinités. “Je ne voulais pas tomber dans une appli de rencontre classique”, explique sa fondatrice. “Concrètement, c’était de ne pas scroller. On choisit une sortie, on y va.”

Lire aussi : Dater, se faire larguer, recommencer : les ravages psychologiques de Tinder

Sur l’application, les participants découvrent des événements, réservent leur place et peuvent voir certaines affinités avec les autres inscrits, autour du sport, de la culture ou des sorties. Mais la photo ne devient pas le point de départ de la rencontre.

“On juge assez vite sur une photo ou bien on discute pendant des semaines sans forcément se voir”, souligne Laura Gallet. Ici, le principe est inversé : la rencontre a lieu d’abord, l’échange numérique vient ensuite. Après l’événement, une “boîte aux lettres” s’ouvre uniquement entre les personnes qui se sont réellement croisées.

Des soirées pour sortir du face-à-face avec l’écran

Z’Happyro est né avant l’application, presque naturellement, à partir d’une discussion entre amies. “Ce n’était pas une entreprise où je me suis réveillée un matin”, raconte Laura Gallet. L’envie de départ était simple : rencontrer de nouvelles personnes, malgré une vie sociale déjà existante.

Les premières soirées ont confirmé l’intérêt du public. “Les gens appréciaient venir se rencontrer différemment”, résume la fondatrice. Ce qui plaît, selon elle, tient surtout au cadre : “bienveillant, sécurisant” et composé de personnes venues avec une vraie volonté de rencontre.

Le concept s’est ensuite structuré autour de plusieurs formats. Les afterworks, organisés dans des bars ou des lieux choisis pour leur ambiance, durent environ trois heures. Ils sont animés avec des jeux brise-glace créés sur mesure.

L’objectif n’est pas de commencer par les questions habituelles, mais de déplacer la conversation. “Pas sur des questions de quel âge tu as, où tu habites et où tu travailles, mais plutôt de quoi tu es fier dans ta vie ? Qu’est-ce qui a compté ?”, détaille Laura Gallet.

Amour, amitié, réseau : élargir le cercle

Si Z’Happyro s’est d’abord adressé aux célibataires, le projet s’est rapidement élargi. Beaucoup de personnes ont exprimé le besoin de reconstruire un cercle amical, notamment après un déménagement, une séparation ou une période de vie plus isolée.

“À la base, nous, c’était pour les célibataires”, explique Laura Gallet. “Mais beaucoup de personnes venaient me voir en me disant : nous, on n’est pas célibataire, mais on aimerait bien parce qu’on vient de déménager et on ne connaît personne.”

L’application n’est donc pas réservée aux rencontres amoureuses. Certaines soirées restent dédiées aux célibataires, mais les expériences et les événements plus ouverts accueillent aussi des couples ou des personnes venues simplement pour rencontrer du monde.

“Le but de Z’Happyro, c’était vraiment d’être sur les connexions, le partage”, insiste la fondatrice. “Ce n’est pas juste rencontrer. C’est aussi dédramatiser certaines situations.”

Des dates sur mesure et des expériences péi

Z’Happyro propose aussi un accompagnement plus personnalisé avec Z’Happyro Date. Ce dispositif repose sur un questionnaire de compatibilité construit avec plusieurs professionnels. Douze critères sont pris en compte, allant des valeurs de vie aux projets, en passant par le style d’attachement, le langage amoureux ou encore la vie intime.

Les personnes qui le souhaitent peuvent ensuite choisir un accompagnement avec deux ou trois rendez-vous sur mesure. “On voit les gens, on travaille sur leur questionnaire et on étudie leur compatibilité avec d’autres personnes”, explique Laura Gallet.

Entre les soirées classiques et les rendez-vous accompagnés, Z’Happyro développe aussi les “apéro-expériences”. Le principe : réunir des inconnus autour d’une activité. Cela peut être un escape game, un brunch aquarelle ou encore un apéro suspendu à 120 mètres de haut au coucher du soleil.

“Les gens vont rencontrer des personnes qui ont eu la même curiosité et l’envie de passer un bon moment”, résume Laura Gallet. Le projet permet aussi de mettre en avant des prestataires locaux, en faisant découvrir leurs activités à de nouveaux publics.

Plus de 800 participants en deux ans

Selon Laura Gallet, plus de 800 personnes ont déjà participé à plus de 20 événements en deux ans. Chaque mois, deux à trois afterworks sont organisés sur l’île, auxquels s’ajoutent de plus grandes soirées ouvertes à tous, célibataires ou non.

Cette dynamique répond aussi à une lassitude plus large face aux applications de rencontre classiques. Laura Gallet cite notamment les chiffres d’une fatigue liée à la quête amoureuse : près d’un célibataire français sur deux dit l’avoir déjà ressentie.

Lire aussi : Rencontrer sans swiper : la recherche de l’amour se réinvente à La Réunion

L’application veut donc utiliser le numérique non pas pour enfermer la rencontre derrière l’écran, mais pour la préparer. “Tout y est pensé pour quitter l’écran”, résume le projet.

Une application créée localement

L’application a été imaginée par Laura Gallet avec Maxime, de Code Céleste. Un choix important pour la fondatrice, qui souhaitait un outil conçu à La Réunion.

“C’était aussi important que ça soit créé localement”, souligne-t-elle. L’application est disponible sur l’App Store depuis le 18 septembre et sa sortie sur Google Play a été annoncée à partir du 26 septembre.

Pour célébrer ce lancement, Z’Happyro organise une grande soirée le samedi 3 octobre à la Villa Prestige de Saint-Leu. L’événement, ouvert à tous, célibataires ou non, doit permettre de présenter officiellement l’application, ses partenaires et ses différentes expériences.

Laura Gallet y voit l’occasion de réunir celles et ceux qui participent déjà au projet, mais aussi de convaincre de nouveaux curieux de tenter une autre manière de se rencontrer.

“Je voulais que ce soit une grande fête où tout le monde se retrouve”, explique-t-elle.

Etiquettes : PU1

Dans la même rubrique

0💬
Tri :