Osons faire vivre la République à Mayotte

Ce nouvel épisode de la crise mahoraise n’est que le reflet de l’échec de la République qui n’arrive pas à prendre pleinement en compte les aspirations démocratiques légitimes, même les plus simples.
Je m’oppose fermement à toute réflexion qui nous réduirait à nous complaire dans la facilité de solutionner le problème en le supprimant : Mayotte est et doit rester française. Mais la faire rester française, c’est oser, enfin, lui offrir les mêmes moyens et chances de se développer que ceux de ses homologues ultramarins. Penser Mayotte comme étant française, c’est dépassé la seule logique institutionnelle, plaquée sans prendre en compte les nécessités de l’adaptation aux réalités locales.
Depuis 2015, l’Europe invite à mieux adapter les règles à l’outre-mer, par un arrêt de la cour de justice qui porte, très justement, le nom de « Mayotte ». Jamais, cette appellation aura été aussi inadaptée, tant la démarche et les politiques publiques ne savent proposer un regard nouveau pour penser la société mahoraise, composante à part entière du territoire de la République.
Quoiqu’il en soit, au-delà de règles mieux adaptées, c’est d’une réelle volonté et d’une collaboration entre toutes les parties intéressées dont ont besoin nos sœurs et frères mahorais, mais aussi nos amis comoriens, dont certains ne sont même plus acceptés dans leur propre pays. C’est la place de la France et sa vision de l’Océan indien qui sont ici en jeu : osons la fraternité.
Ne considérons pas comme utopique de nous réunir enfin, représentants des gouvernements français et comoriens, représentants de Mayotte et de La Réunion pour traiter collectivement ces problèmes qui nous impactent tous. Il est urgent de nous associer au sein d’une instance adaptée aux enjeux : nous ne perdrons que ce que nous ne souhaiterons pas réellement regagner, à savoir la confiance dans la légitimité des pouvoirs publics.
Cette union nouvelle, à laquelle je souhaite pleinement contribuer, devra associer toutes les sensibilités politiques à Mayotte, aux Comores, à La Réunion et au sein de la diaspora mahoraise qui a dû se résoudre à faire le choix de vivre en France métropolitaine, faute de réellement vivre la France à Mayotte.
Faute de renouvellement de notre façon de travailler, aucun de nos sœurs et frères mahorais ne pourra vivre pleinement l’expérience de la liberté et de l’égalité, socles de notre idéal républicain. Rejoignons-nous pour proposer un nouveau modèle de la société mahoraise, composante à part entière de la France.


