« On n’est pas dans un film de Tom Cruise » : un récidiviste tente de faire amende honorable devant la justice

« Le passé, c’est le passé. » Les premiers mots du prévenu n’ont pas fait sourire le président de la Cour d’appel ce jeudi matin. Jugé en appel pour une conduite sous stupéfiants (zamal et cocaïne), l’homme a fait appel de la décision du juge unique pour pouvoir s’expliquer au tribunal. Effectivement, celui-ci avait « oublié » sa convocation au tribunal, et malgré une relance, ne s’est jamais présenté.
« Nous ne sommes pas dans un film de Tom Cruise. Ici, on ne condamne pas sur le futur, mais sur le passé », tonne le magistrat. Les faits reprochés sont « simples ». Une nuit, il est contrôlé au volant d’une voiture empruntée à un ami. L’homme est sans permis, l’assurance est périmée, la date du contrôle technique est dépassée et, cerise sur le gâteau, l’homme est positif à la cocaïne et au zamal. Ni une ni deux, le prévenu se voit retirer le véhicule et est convoqué pour une audience au tribunal. La procédure est jugée en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, et le policier lui remet en mains propres la convocation.
À la date de la comparution, le jeune homme… est absent. Conséquence : il écope de 4 mois de détention avec sursis.
Une volonté de s’expliquer au tribunal
Interrogé ce jeudi 14 novembre à la barre, le prévenu explique qu’il n’était pas sérieux à l’époque des faits (novembre 2021). Il détaille son train de vie : ses journées à rester chez lui, à consommer des substances illicites grâce à l’argent versé par le RSA, et ses tentatives infructueuses pour passer son permis de conduire. Au total, il a échoué quatre fois à l’examen. « Je suis stressé », articule-t-il.
Mais après la notification de sa condamnation, il a immédiatement fait appel de la décision. « Je voulais m’expliquer au tribunal », exprime-t-il. Et en trois ans, le jeune homme a changé. Aujourd’hui, il ne consomme plus, a trouvé un travail, et est même père d’un enfant. Un nouveau mode de vie, d’autant plus qu’il cherche activement un logement pour accueillir sa petite famille.
Son conseil insiste sur le fait que son client veut faire amende honorable auprès de la justice. En témoigne son insertion dans la société et son désir de bâtir un foyer stable. Elle appuie sur la volonté de son client de faire appel pour assumer ses responsabilités. « Trois ans après les faits, il est là, il assume, il fait cet effort. »
L’avocate générale n’est pas de cet avis. Elle commence par exposer les trois mentions dans le casier judiciaire du prévenu, et surtout, ces deux peines avec sursis. Le ministère public s’interroge sur le fait qu’un individu puisse consommer des stupéfiants et prendre le volant par la suite, alors même qu’il n’est pas titulaire du permis de conduire. Pour elle, cela représente un danger manifeste pour les usagers de la route. Elle demande la confirmation de la peine prononcée en première instance, avec la révocation du sursis.
Le conducteur « repenti » attend la décision de la cour d’appel, qui doit être prononcée le 13 février 2025.


