Notes de lecture : "La très catastrophique visite du Zoo"

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Rien que citer le nom de cet auteur, avant même d’ouvrir son ouvrage, c’est se poser une question cruciale : "Bon ! Qu’est-ce qu’il nous réserve encore ce coup-ci, ce sagouin ?" Et ça ne rate pas ! Joël Dicker ne s’emmêle jamais les pinceaux. Aucune de ses intrigues ne ressemble aux autres. Ce champion de l’énigme semble disposer de mille cerveaux jamais interconnectés. Le plaisir, invariablement, est au bout du chemin. Il n’y a d’ailleurs qu’à regarder sa photo : il ricane, le bougre, heureux de nous tenir en haleine comme Stephen King rigole de nous foutre la trouille ! Flanquez-leur une calotte de ma part, SVP, je vous la rend dans un instant.
Celle-là, on ne nous l’avait jamais faite : la narratrice de cette énigme est une gamine ! Mais c’est cette même môme, devenue adulte et pressée de dire ce qui causa une catastrophe au zoo de la ville, qui nous saisit au colbac d’une poigne de fer : "Je te tiens !"
Car il s’agit d’une vraie catastrophe, causée par une visite d’enfants d’école, avec les animaux les plus dangereux du monde échappant à l’univers feutré mais désastreux de leurs grilles et bassins. Imaginez des lions, des tigres du Bengale, des rhinocéros myopes mais hargneux, des babouins affamés et des eunectes (pardon, des anacondas) au tube vide, contemplant avec un regard concupiscent une petite ville campagnarde américaine pleine de citoyens bedonnants, bons à croquer...
Raconté tel quel, brut de décoffrage, ça semblerait quelque peu léger. Mais voilà, il y a Dicker et son imagination. Un zoo qui semble exploser, cela suppose toute une théorie de catastrophes survenues avant, qui toutes conduisent inexorablement à la révolte des ‘tites bébêtes.
Il y a une école avec des enfants normaux et son annexe, celle des "enfants pas comme les autres". Et quand cette annexe est inondée (première catastrophe), la galère démarre. Sur les chapeaux de roues.
Tout est chambardement, les cours de sécurité routière, les cours de gym, les visites à l’hôpital (houlala !), les soirées avec les parents (pauvres parents !), la fête de Noël qui approche et un père Noël qui en prend plein la gueule pour pas un rond (Santa Claus revisité en Santa Claque !), une pièce de théâtre de fin d’année où les enfants auteurs-acteurs se retrouvent accusés de pornographie quand ils ignorent l’existence même du mot… Voilà, c’est ça Joël Dicker, qui nous tient en haleine à chaque page sans jamais… sans jamais… mais je ne vais pas vous dire "sans jamais… quoi ?"
Le fin mot de l’énigme est une merveille en soi. Je suis grand amateur de polar, Maigret, Miss Marple, Poirot, Dantès, Exbrayat, Chandler… tout ça quoi. Mais ça, ça, je n’en reviens toujours pas. Des solutions d’énigmes torchées de cette façon, avec cette grosse dose d’humour de derrière les fagots…
Merci Monsieur Dicker !
J.B.
"La très catastrophique visite du Zoo"
Joël Dicker


