"Ne transférons pas les problèmes d'un territoire à l'autre"

Les deux parlementaires LFI ont été reçus en audience cet après-midi pour discuter des mesures à prendre. L'objectif : mobiliser les forces locales pour endiguer les phénomènes de violence signalés ces dernières semaines, tout en exhortant l'État à assumer ses responsabilités concernant les mineurs isolés.
Dans son courrier daté du 7 mars dernier, Jean-Hugues Ratenon avait souligné l'importance de "ne pas laisser La Réunion devenir un "Mayotte bis" en matière de violence". Il pointait notamment du doigt le transfert de détenus de Mayotte vers La Réunion et l'arrivée de mineurs sans contrôle, susceptibles de se retrouver livrés à eux-mêmes sur le territoire réunionnais.
« On ne peut pas laisser La Réunion devenir le Mayotte bis en matière de violence »
À la suite de la réunion avec le préfet, Jean-Hugues Ratenon a souligné la nécessité d'une action urgente pour "enrayer la violence croissante et les phénomènes de bandes à La Réunion". Il a également appelé à ne pas céder à la panique tout en cherchant des solutions concrètes. "Il y a un gros phénomène de violence à Mayotte et cette violence est en train de naître à vitesse grand V ici à La Réunion en lien, justement, notamment avec cette nouvelle génération. Le préfet est ouvert à un certain nombre de rencontres, autant avec l'ensemble des élus de La Réunion, mais aussi avec les associations, les forces vives, et les associations représentatives de la communauté mahoraise", confie le député.
Perceval Gaillard a abondé dans le même sens, appelant à des réponses "concrètes, sans se voiler la face" face à cette montée de la violence, sans pour autant "tomber dans des discours qui peuvent être des discours racistes ou anti-républicains".
Les deux parlementaires ont également mis en lumière les défis posés par la situation des mineurs isolés aussi bien à Mayotte qu'à La Réunion, appelant à une action immédiate des autorités pour éviter que La Réunion ne connaisse les mêmes difficultés. Ils ont souligné la nécessité de respecter les droits des enfants et de les accompagner dès leur arrivée sur le territoire. "La réalité ne peut être niée à Mayotte, mais ne transférerons pas les problèmes d'un territoire à l'autre. La solidarité, oui, mais le transfert des problèmes, non : allons agir pour régler les problèmes. Et justement, si un enfant quitte Mayotte pour venir à la demande de telle ou telle famille, telle ou telle tatie, il faut avoir quand même la garantie que, arrivé ici, le droit de l'enfant soit respecté afin que cet enfant ne se retrouve pas à la rue, mais bien dans une famille", conclut le député de l'Est.


