Narcotrafic : l'État et les acteurs portuaires s'unissent pour protéger les salariés et la place portuaire

Pour fermer la porte au narcotrafic, Port Réunion et l'Etat activent une riposte collective. Les acteurs de la logistique signent une charte de vigilance inédite, épaulés par les contrôles quotidiens des douanes.
La lutte contre le narcotrafic franchit un cap décisif à La Réunion. Ce vendredi 28 août, le préfet de La Réunion, la direction du Grand Port Maritime et les principaux acteurs de la chaîne logistique ont officialisé la signature d'une charte partenariale d'engagement. L'objectif est clair : verrouiller les accès du poumon économique de l'île face aux tentatives d'infiltration des réseaux criminels.
Proteger l'écosystème portuaire et les salariés des menaces criminelles
Pour Patrice Latron, préfet de La Réunion, ce texte scelle avant tout un engagement de « loyauté et de coopération entre les acteurs portuaires ». La charte prévoit notamment la possibilité de remonter aux forces de l'ordre des informations de manière anonyme. En signalant le moindre constat intriguant, le préfet espère ainsi « stopper dès la première alerte l'irruption du trafic sur le Grand Port Maritime ».
Cette démarche vise également à dresser un rempart humain autour du personnel. En observant les dérives survenues dans d'autres infrastructures métropolitaines, les autorités entendent « protéger les salariés du port qui peuvent se retrouver pris en compte par le trafic et se trouver seuls dans des situations dramatiques ».
Une mobilisation collective saluée par Julien Dujardin, président du directoire de Port Réunion, qui évoque un « moment extrêmement important pour le territoire ». Du manutentionnaire au transporteur, l'ensemble de l'écosystème affirme sa capacité à faire bloc aux côtés des services de l'État contre ce fléau.
Scanner mobile : un premier bilan positif pour les Douanes
Sur le plan technique, cette signature s'inscrit dans le prolongement des mesures déjà déployées au sein du port. À l'heure de tirer un premier bilan de cette étape franchie en début d'année 2026, l'arrivée du scanner mobile basse intensité porte déjà ses fruits.
Comme le souligne Pierre Grignon, directeur régional adjoint des douanes, l'outil est en plein fonctionnement depuis le printemps et s'inscrit désormais dans le quotidien des agents. Plutôt que d'inspecter à l'aveugle les quelque 500 conteneurs qui entrent et sortent à chaque escale, les douaniers s'appuient sur un travail ciblé d'analyse de risque. Une méthode rodée qui permet d'effectuer « à peu près une vingtaine de contrôles au scanner à chaque vacation », renforçant ainsi l'étanchéité de la frontière maritime réunionnaise.


