Municipales 2026 : une protestation électorale contre la victoire d’Erick Fontaine à la Possession

Deux administrés de la Possession, soutenus dans leur démarche par la maire sortante Vanessa Miranville, ont formé un recours contre le déroulement du scrutin lors du second tour du 22 mars dernier. Erick Fontaine avait remporté l’élection avec 101 voix d’avance sur sa rivale.
Près de 15.000 suffrages exprimés et seulement 101 voix d’écart à l’arrivée. Le 22 mars dernier à la Possession, la mairie a basculé dans le giron d’Erick Fontaine à la grande surprise générale, alors que la maire sortante Vanessa Miranville paraissait solidement installée dans son fauteuil au soir du premier tour (41,94 % et plus de 20 points d’avance sur son principal adversaire).
Si l‘alliance formée avec Philippe Robert et Vincent Rivière a totalement changé la donne, ce ne serait pas l’unique raison de la victoire de l’ancien opposant municipal de la Possession, passé par la majorité de Saint-Denis entre-temps. C’est du moins ce qu’affirme Vanessa Miranville, qui explique avoir été sollicitée par deux administrés qui souhaitaient former une protestation électorale devant le tribunal administratif.
« Ils ont pris contact avec moi et je leur ai donné tous les éléments en ma possession », fait-elle savoir ce lundi 30 mars par téléphone. Selon l’ex-édile, l’examen minutieux des listes électorales entre les deux tours aurait permis de déceler un peu plus d’une centaine de signatures litigieuses : certaines ne ressemblaient « vraiment pas » à celles fournies au premier tour, quand d’autres affichaient des différences jugées suffisamment significatives. Enfin, certaines signatures étaient simplement constituées de croix.
Une rupture d'égalité selon Vanessa Miranville
Autre argument développé dans la protestation électorale : le fait que le candidat Erick Fontaine a refusé de faire une demande d’autorisation d’occupation temporaire (AOT) pour ses prises de parole sur le domaine public. Une procédure que l’ancienne maire avait demandé à tous les candidats de respecter, n’obtenant que les railleries de ses rivaux en réponse. « Je n’ai pas payé une somme élevée, environ 2 euros pour chacun de mes 50 emplacements, mais cela constitue une rupture d’égalité », avance Vanessa Miranville.
Second élément de rupture d’égalité selon elle : le fait qu’Erick Fontaine, connu comme la figure de proue de la Confédération nationale du logement (CNL) à La Réunion, a utilisé un logement social de la SIDR comme local de campagne. « C’est interdit et la SIDR lui a d’ailleurs fait une mise en demeure de quitter les lieux. Le logement était installé sur le deuxième axe le plus passant de la Possession, à proximité de commerces », souligne Vanessa Miranville. L'élue ajoute au dossier la republication, en pleine période de silence électoral et par un gros compte de Facebook, d’un post d’Erick Fontaine, « commentaire élogieux » à l’appui.
Autant d’éléments qui pourraient, espère-t-elle, semer le doute dans l’esprit des magistrats sur la légalité des opérations de vote le 22 mars à la Possession, au regard des 101 voix la séparant du nouveau maire. A La Réunion, 18 protestations électorales ont été enregistrées dans 13 communes à l’occasion de ces élections municipales.


