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Mort de l’éleveur de cabris de St-André : Trois accusés rejugés devant la cour d'assises dès aujourd'hui

José Moucaye, 69 ans, éleveur de cabris du chemin Lefaguyes, a été victime d'un vol crapuleux qui lui a coûté la vie le 24 novembre 2019. Plusieurs individus originaires de la même commune s'étaient intéressés à l'argent que le sexagénaire gardait à son domicile. Le projet de vol avait mal tourné. Ce mardi et pendant quatre jours s'ouvre le procès en appel de trois des accusés à la cour d'assises. Deux d'entre eux encourent la perpétuité.
Ecrit par Isabelle Serre – le mardi 3 septembre 2024 à 06H05

Dimanche 24 novembre 2019, José Moucaye, éleveur de cabris à Saint-André, était retrouvé mort gisant sous sa varangue. Le sexagénaire battu à mort avait agonisé seul pendant plusieurs heures dans sa case située vers Cambuston, au fond d’un long chemin de terre perpendiculaire au chemin Lefaguyes. Quatre hommes ont été suspectés d’avoir voulu lui voler l’argent de la vente de ses cabris qu’il gardait dans une boîte de médicaments cachée dans sa chambre à coucher. Son véhicule avait disparu le même jour avant d’être retrouvé dans un parking de la cité Fayard. Des empreintes relevées dans cette voiture avaient permis aux enquêteurs de confondre plusieurs individus mis en examen pour assassinat et vol avec violences.

En septembre 2023, Jean-Valéry Soupou, 45 ans, Eric Tandrayen, 42 ans, Sébastien Virapin, 31 ans et Ben Ali Sarman, 28 ans étaient jugés devant la cour d'assises pour répondre de ces faits à des degrés différents.

Après trois jours de débats et les auditions de chaque accusé, impossible de dénouer ce qu'un des experts psychiatres avait qualifié de "nœud gordien" et de parvenir à déterminer avec certitude leurs responsabilités exactes de chacun dans la mort du sexagénaire. Car l’écart entre leurs déclarations respectives, leurs emplois du temps et les constatations faites lors de l’enquête ne collaient pas. A la fin de l'audience criminelle, coup de théâtre, Jean-Valéry Soupou avait déclaré avoir menti tout au long de l’instruction ainsi que lors de la reconstitution.

 

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Le quadragénaire au long casier judiciaire avait reconnu avoir bu de l’alcool et consommé du Rivotril avant d’aller fouiller la case de José Moucaye dans laquelle il a trouvé de l’argent ainsi qu’un fusil dans une des chambres. Dans celle d’à côté se trouvait la victime qui l’aurait étranglé. « Je lui ai donné deux coups de poing avant de m’enfuir par les champs de canne où j’ai dissimulé le fusil », avait détaillé l'accusé, affirmant qu’à son départ, José Moucaye était toujours vivant. « Virapin il était là, Tendrayen aussi. Les gars, vous êtes mes complices. Moi, je dis la vérité, maintenant, assumez votre responsabilité ». 

20 ans de réclusion criminelle avaient été requis à l'encontre de Jean-Valéry Soupou ainsi que 12 ans pour ses deux complices, Eric Tandrayen et Sébastien Virapin. Quatre ans dont deux ans avec sursis probatoire avait été proposé à la cour pour Ben Ali Sarman, accusé de recel qu’il savait provenir d’un vol commis avec violences.

 

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Le 18 septembre 2023, Jean-Valéry Soupou était condamné à 25 ans de prison. Éric Tendrayen et Sébastien Virapin écopaient de 12 ans de réclusion criminelle. Ben Ali Sarman était condamné à un an de prison pour recel de vol, une peine effectuée durant sa détention provisoire.

Avant l'ouverture de ce nouveau procès, le bâtonnier Georges-André Hoarau a fait part de son ressentiment concernant cet appel de certains des condamnés en première instance. Il parle sans détour d'un nouveau drame pour la famille des victimes qui est "de revivre ce drame horrible qu'ils ont déjà eu à payer de leur chair lors de la première audience et à nouveau en appel". Selon le bâtonnier, "il s'agit pour moi d'un appel abusif et, j'espère que la cour d'appel d'assises sanctionnera cet appel". Pour l'avocat des parties civiles, "la messe est dite", et de poursuivre : "Quelqu'un a été condamné à 25 ans, il est mis en cause de partout et a évolué dans ses déclarations, pour moi, il est impensable qu'il puisse s'en sortir. Il n'y aura pas d'acquittement dans ce dossier", affirme le bâtonnier.

Ce mardi et pendant quatre jours, tous seront jugés en appel à l'exception d'Eric Tendrayen qui n'a pas contesté la décision de la cour d'assises. Le verdict devrait tomber vendredi.

 

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